Zoom sur Gilbert Houngbo, le nouveau président du FIDA
Emmanuel Atcha
Emmanuel Atcha
Le dos légèrement penché et la tête blanchâtre presque toujours rasée, Gilbert Fossoun Houngbo, celui à qui ces lignes sont consacrées est un très grand bosseur. Connu pour ses convictions sur l'impérieuse nécessité de rendre la vie un peu plus facile aux couches défavorisées, qui sont éloignées de la modernité, il ne rate aucune occasion de plaider cette cause. « Je viens du monde rural. J'ai une connaissance directe de comment est dure la vie de ce milieu », confie-t-il comme pour se justifier.
Élu à la tête du FIDA dans une époque où les crises actuelles du monde, le terrorisme, les violences de tout genre, la dégradation naturelle, les catastrophes naturelles, les conflits armés, etc., tendent à mobiliser toute l'attention au détriment du financement du développement à long terme, le natif de la préfecture de Blitta au Togo, sait qu'il a fort à faire.
Et pour cause, les besoins des populations rurales, alimentaires, infrastructurels, développementaux, sont plus que jamais en augmentation au fur et à mesure que les migrations que causent les crises climatiques et armées s'intensifient. Le 6ème président du Fida devra intensifier son plaidoyer en faveur de l'investissement dans l'agriculture, le développement rural pour éliminer la pauvreté et la faim et atteindre les objectifs de développement durable fixés par la communauté internationale. Il a l'étoffe pour porter cette mission, reste à mobiliser les moyens nécessaires
Diplômé en gestion des affaires de l'Université du Bénin (aujourd'hui Université de Lomé), en Comptabilité et finance de l'Université du Québec, il est membre de l'Institut canadien des comptables agréés.
Gilbert F. Houngbo est rentré dans le système onusien au début des années 90 en devenant membre de l'équipe de gestion stratégique du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Ensuite nommé directeur des finances et de l'administration du PNUD, il en deviendra le chef de cabinet en 2003. A ce poste, il sera plus en contact avec les milieux ruraux partout sur le continent africain et dans les pays en voie de développement dans le monde.
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Satisfait de ses prestations, Kofi Annan, secrétaire général de l'ONU alors, le nommera sous-secrétaire général adjoint de l'ONU et directeur du Bureau régional du PNUD pour l'Afrique, en décembre 2005. Il jouera ce rôle à coordonner les activités des bureaux du PNUD sur le continent noir 3 ans durant avant d'être rappelé dans son pays par Faure Gnassingbé, désireux d'améliorer l'image de son pays après des années noires. Comme Premier ministre, Gibert Houngbo passera 4 ans au Togo et sera considéré par la presse comme étant « l'un des meilleurs pour ne pas dire le meilleur à son poste depuis les indépendances ». (Pipo Magazine, juillet 2012). Il retournera ensuite au Canada où réside sa famille avant de réintégrer son milieu devenu naturel, le système onusien, où il vient de fêter ses 30 ans de carrière.
Nommé directeur général adjoint, chargé des programmes extérieurs et du partenariat de l'organisation internationale du travail en février 2013, il entrera en fonction un mois plus tard, à Genève, où il se trouvait encore jusqu'à son élection comme nouveau président du FIDA.
Ce n'est pas un secret, Gilbert Houngbo s'est toujours engagé contre la pauvreté, qu'il considère comme imméritée. Le successeur de Kanayo F. Nwanze qui partira le 1er avril prochain, sait qu'il faut garder la tête froide.
Il entend plaider à travers des actions décisives sur le plan mondial, pour une extension rapide des services financiers ruraux axés sur les petits exploitants. Un programme qui prendra en compte, une augmentation du micro-financement à des taux préférentiels pour l'agriculture et les activités génératrices de revenus non agricoles en zone rurale.
Les projets du nouveau président du FIDA comptent ainsi en leur rang, une mise en œuvre d'une stratégie plus osée de l'accès au financement pour les populations pauvres, de l'amélioration de la qualité de la nutrition et de réduction des pertes de produits alimentaires, tout en générant plus de revenus pour les populations rurales, les sortant ainsi de l'extrême pauvreté.
Selon lui, le Fida lui permettra de lutter efficacement contre la pauvreté comme il l'entend. Et il sait qu'il faudra composer avec les politiques des nations diverses. Gilbert Houngbo comprend qu'à la lutte contre la pauvreté, la politique est indissociable. Pour lui, le FIDA doit se repositionner dans ce sens.
Pour ce faire, Gilbert Houngbo a déjà prévu investir pour que l'engagement politique soit renforcé aux plans international, régional, national et local. Centre décisif des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, créé en 1977, le FIDA investit dans les populations rurales en promouvant leur autonomisation, afin de réduire la pauvreté, d'accroître la sécurité alimentaire, d'améliorer la nutrition et de renforcer leur résilience. Depuis sa création le Fida a mené des actions qui ont touché plus de 464 millions de personnes avec pas moins de 18,5 milliards de dollars.
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Avec Gilbert Fossoun Houngbo, l'institution onusienne semble avoir trouvé l'homme qu'il faut pour la place qu'il faut. De quoi rendre fier tout un continent. « Cette élection est la reconnaissance de ses qualités et des ses compétences. Il fait l'honneur de la nation togolaise », a twitté le Président de la République togolaise, Faure Gnassingbé.
Emmanuel Atcha