John Kerry à Genève pour faciliter les négociations avec l'Iran
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John Kerry à Genève pour faciliter les négociations avec l'Iran
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par Louis Charbonneau et Fredrik Dahl et Justyna Pawlak
GENEVE (Reuters) - Le secrétaire d'Etat américain John Kerry va rejoindre Genève vendredi pour participer aux négociations qui visent à sceller la première étape d'un accord sur le programme nucléaire iranien.
En tournée au Moyen-Orient, John Kerry s'envolera pour la Suisse à l'invitation de la haute représentante de l'UE pour la politique étrangère Catherine Ashton afin de contribuer aux "efforts visant à aplanir les divergences", dans les négociations, a expliqué un responsable du département d'Etat.
Des responsables iraniens se sont dits jeudi prudemment optimistes sur les perspectives d'un accord, même si rien n'a été finalisé.
Un porte-parole de la chef de la diplomatie de l'Union européenne, Catherine Ashton, qui coordonne les négociations au nom des grandes puissances, a qualifié jeudi les discussions en cours de "bonnes".
"Les discussions sont très complexes et elles sont entrées dans la phase la plus délicate. Nous espérons qu'il y aura des avancées concrètes dans les deux prochains jours", a déclaré Michael Mann à la presse.
En marge des négociations, la sous-secrétaire américaine d'Etat chargée des affaires politiques, Wendy Sherman, et Abbas Araqchi ont présidé une réunion d'une heure entre les délégations de leur pays qui, dit-on de source américaine, a permis une "conversation substantielle et sérieuse".
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GAGNER DU TEMPS
Européens et Américains se sont félicités du changement de ton à Téhéran depuis l'élection du président Hassan Rohani en juin, mais ils ont appelé les Iraniens à traduire leurs paroles en actes et à prendre des mesures concrètes pour démontrer que leur programme nucléaire n'a pas d'autre visée que pacifique, comme l'Iran l'affirme.
"Nous aimerions parvenir à une première phase, une première étape, un compromis initial qui empêcherait le programme nucléaire iranien de progresser et le ferait reculer pour la première fois depuis des décennies", a déclaré un responsable américain avant le début des discussions.
Un tel compromis permettrait à l'Iran et aux P5+1 de gagner du temps pour négocier un accord diplomatique plus large en diminuant le risque d'une nouvelle guerre au Proche-Orient, Israël ayant menacé de bombarder les installations nucléaires iraniennes avant que celles-ci ne permettent à la République islamique de se doter de la bombe atomique.
Les grandes puissances - Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie - et l'Allemagne proposent à Téhéran de cesser de produire de l'uranium hautement enrichi et de réduire ses stocks existants et ses moyens de production.
L'Iran demande en contrepartie un allègement des sanctions internationales qui ont fait chuter ses revenus pétroliers de 60% et diminué de moitié la valeur du rial iranien.
Signe de la situation critique de l'économie iranienne, Téhéran a offert de livrer gratuitement le pétrole brut acheté par ses clients indiens, disent des sources au fait du dossier.
L'Inde est un des derniers pays à se fournir en pétrole auprès de l'Iran et cette mesure permettrait aux pétroliers locaux d'économiser entre 70 cents et un dollar par baril, a précisé une des sources.
LÉGER SOULAGEMENT
A Genève, aucun négociateur ne s'est hasardé à dire sur quelle base un compromis pourrait être conclu, mais il semble improbable que les P5+1 acceptent moins qu'une suspension de l'enrichissement de l'uranium à 20%.
Une supervision plus étroite des installations nucléaires iraniennes est également la clé d'un accord, a ajouté le responsable américain. "Nous cherchons des moyens de gagner du temps (pour négocier)", a-t-il insisté.
A Washington, le président américain Barack Obama a prévenu que, dans l'immédiat, la communauté internationale pourrait réduire de manière "très modeste" les sanctions économiques.
"Il y a une possibilité de parvenir à un accord progressif dans le cadre duquel la première phase serait qu'il n'y ait plus de progrès dans leur programme nucléaire (...) ce qui nous mettrait dans une situation qui permettrait de leur apporter un léger soulagement tout en laissant en place l'architecture du régime de sanctions", a-t-il dit.
L'Iran cesserait en retour l'enrichissement de l'uranium à 20% et convertirait son stock existant en carburant compatible pour les réacteurs civils, sous peine de se voir imposer de nouvelles sanctions pétrolières - déjà votées par la Chambre des représentants américaine et dont l'examen en commission au Sénat débutera après la fin de la réunion de Genève.
Les diplomates occidentaux interrogés par Reuters n'ont pas voulu donner plus de précisions pour ne pas risquer de provoquer des réactions enflammées à Téhéran, où les conservateurs critiquent par avance toute "capitulation", comme à Washington, où les faucons pro-israéliens sont opposés à tout allègement prématuré des sanctions.
Tangi Salaün et Nicolas Delame pour le service français
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