Angela Merkel contre l'idée de référendums sur l'UE en Allemagne
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Angela Merkel contre l'idée de référendums sur l'UE en Allemagne
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par Sabine Siebold et Noah Barkin
BERLIN (Reuters) - Angela Merkel semble hostile à la proposition d'organiser des référendums en Allemagne sur les grandes décisions relatives à l'Union européenne, idée avancée par les négociateurs travaillant à l'élaboration d'un programme de grande coalition gouvernementale.
Cette suggestion est contenue dans un document de travail établi par un groupe de concertation réunissant les conservateurs de la CDU et les sociaux-démocrates du SPD.
"La population devrait être consultée directement sur les décisions de politique européenne d'importance spéciale", est-il écrit dans le document consulté par Reuters.
"Cela s'appliquerait en particulier lorsque de nouveaux Etats membres sont ajoutés, lorsque des prérogatives importantes sont transférées à Bruxelles ou lorsque des financements allemands sont engagés au niveau européen. Pour de telles décisions, nous souhaitons ouvrir la voie à des référendums nationaux."
La proposition doit être entérinée par une commission élargie présidée par Angela Merkel et de hauts responsables du parti chrétien démocrate ont clairement fait comprendre, mardi, qu'ils étaient opposés à l'idée.
"Comme cela était déjà le cas, de sérieux doutes subsistent concernant l'instauration de référendums au niveau national", a dit Günter Krings, vice-président du groupe de centre droit au Parlement.
Pour Elmar Brok, membre influent de la CDU, la proposition n'a aucune chance de voir le jour parce qu'elle réduirait les parlementaires "au niveau des dirigeants britanniques".
La CDU/CSU de la chancelière Merkel a remporté une nette victoire aux législatives du 22 septembre mais a manqué de quelques sièges la majorité absolue au Bundestag, l'obligeant à se trouver un partenaire de coalition, en l'occurrence le SPD.
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Interrogée sur l'idée des référendums, mardi à Berlin, la secrétaire générale du SPD, Andrea Nahles, a confirmé que son parti y était favorable mais elle a ajouté ne pas être sûre qu'un consensus régnait sur le sujet au sein du bloc conservateur.
Le numéro deux du groupe parlementaire de la CDU (chrétiens-démocrates d'Angela Merkel), Günter Krings, a confirmé cette impression en déclarant que son parti s'y opposait, car pareille proposition revient à ses yeux à saper les bases du parlementarisme.
"La position de la CDU est claire: nous nous opposons à ce que l'on s'attaque au parlementarisme", a dit Günter Krings au magazine Der Spiegel.
MALAISE SUR LES TRANSFERTS DE COMPETENCES
La proposition risque fort de ne jamais voir le jour, mais elle illustre le malaise qui règne au sein de certains partis, notamment au sein de la CSU, face aux transferts de compétences à l'Union européenne et à l'utilisation de financements allemands pour soutenir des partenaires européens durement touchés par la crise dans la zone euro.
La Constitution allemande de 1949 fixe des limites extrêmement strictes à l'organisation de référendums nationaux, qui avaient contribué à l'ascension d'Adolf Hitler vers le pouvoir. Les citoyens allemands disent ne pas avoir eu leur mot à dire sur de grandes décisions comme le remplacement du mark par l'euro ou sur la réunification allemande en 1990.
Au temps fort de la crise de l'euro, début 2012, lorsque la Cour constitutionnelle allemande fixait des limites au transfert de souveraineté à l'UE, un débat animé a eu lieu en Allemagne sur une modification de la "Loi fondamentale", dans le sens d'une démocratie plus directe.
Le ministre des Finances Wolfgang Schäuble (CDU) déclarait à l'époque qu'un référendum sur une plus grande intégration européenne pourrait être nécessaire "plus vite que je ne le pensais".
Selon un sondage de l'institut Deutschlandtrend rendu public en juin dernier, 71% des Allemands sont favorables à un référendum sur de nouveaux transferts de compétences à l'UE.
Angela Merkel a toujours été réticente envers les référendums, craignant que grâce à ce genre de consultations, des formations populistes comme AfD (Alternative pour l'Allemagne, anti-euro) n'aient le vent en poupe.
Le débat sur les référendums s'est tassé à partir de la mi-2012, à mesure que la crise de l'euro s'éloignait, et cette question n'a pas joué un rôle majeur lors de la campagne pour les dernières législatives.
Bertrand Boucey, Eric Faye et Pierre Sérisier pour le service français
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