Les forces pro-Assad accentuent la pression sur Alep
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par Khaled Yacoub Oweis
AMMAN (Reuters) - Venant du nord et de l'est, les forces gouvernementales syriennes appuyées par des miliciens chiites étrangers progressaient mardi vers les quartiers rebelles d'Alep, la plus grande ville de Syrie, a rapporté l'opposition au président Bachar al Assad.
La menace paraît si sérieuse que les brigades islamistes engagées dans les combats, notamment Tawhid, Ahrar a Cham et le Front al Nosra, ont ordonné à tous leurs combattants de rejoindre le front dans les vingt-quatre heures "afin de repousser l'agresseur".
Dans une déclaration commune, les groupes islamistes, certains liés à Al Qaïda, affirment que des miliciens chiites du Hezbollah libanais, des Gardiens de la révolution iranienne et des membres de la milice chiite irakienne Abou al Fadl Abbas prêtent main forte aux gouvernementaux et "ont lancé une violente offensive pour réoccuper la ville".
Alep se trouve dans le nord de la Syrie, à une quarantaine de kilomètres de la frontière turque. Les combats des derniers jours ont fait des dizaines de morts dans le nord et l'est de la ville.
Tenus par les insurgés depuis plus d'un an, plusieurs quartiers, comme celui de Hananou dans l'est de la ville, semblent aujourd'hui vulnérables, a expliqué Mohammad Nour, du réseau d'opposition Sham News Network.
"Les forces du régime aidées par le Hezbollah, les Irakiens et les Iraniens ont lancé un mouvement en tenailles en venant du nord et de l'est et se rapprochent des principaux secteurs que nous tenons", a-t-il dit. "Les luttes internes à l'opposition minent les défenses d'Alep", a-t-il déploré.
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OPPOSITION AFFAIBLIE PAR LES DISSENSIONS
Ces deux derniers mois, des affrontements ont opposé dans la région des combattants islamistes affiliés à Al Qaïda et des hommes du Conseil militaire suprême (CMS) soutenu par les Occidentaux.
Des heurts se sont également produits entre unités islamistes rivales.
Selon les insurgés, les troupes d'Assad appuyées par des blindés ont pris le contrôle de deux grands immeubles dans les quartiers d'Achrafieh et de Bani Zeïd, dans le nord de la ville, et ont progressé dans ce secteur après des combats au corps à corps.
Les brigades Tawhid ont envoyé des renforts dans le quartier d'Al Nakkarine, dans l'est d'Alep, où des soldats d'Assad et des miliciens chiites ont fait une incursion.
Les rebelles contrôlent la majeure partie de l'est de la ville et plusieurs quartiers de l'ouest et du centre depuis juillet 2012.
"Heureusement, le régime paraît ignorer combien les dissensions internes ont affaibli les rebelles et les forces gouvernementales avancent avec beaucoup de précautions", a dit à Reuters Tarek Abdelhamid, un opposant bien informé sur l'état des forces dans la ville.
"Chaque chef de brigade à Alep veut devenir le président de la Syrie", a-t-il ajouté pour expliquer ces dissensions.
L'armée gouvernementale syrienne a repris au début du mois la ville stratégique de Safira, située sur la route de Hama au sud-est d'Alep. Les pro-Assad ont également réoccupé vendredi la base 80, vaste installation militaire proche de l'aéroport qui était tenue depuis février par les rebelles.
Guy Kerivel pour le service français
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