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François Hollande réendosse ses habits de chef de guerre

reuters.com

Publié le 06 décembre 2013 à 12:19 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 14:54

François Hollande réendosse ses habits de chef de guerre

François Hollande réendosse ses habits de chef de guerre

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par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - Pour la deuxième fois en moins d'un an, François Hollande revêt ses habits de chef de guerre pour engager l'armée française dans une opération en Afrique, en cohérence avec l'activisme diplomatique dont il fait preuve depuis son arrivée à l'Elysée.

Impopulaire et cible d'un procès en indécision sur la scène intérieure, le président français s'est illustré par des positions tranchées en affaires étrangères, prenant l'initiative en Afrique noire mais aussi dans les dossiers syrien et iranien.

Comme le 11 janvier dernier pour l'opération Serval au Mali, le président français a annoncé jeudi l'engagement de quelque 1.200 soldats français en Centrafrique, pays francophone en proie au chaos depuis un coup d'Etat au printemps dernier.

"Vu l'urgence, j'ai décidé d'agir immédiatement", a dit François Hollande à l'issue d'un conseil de défense avec les ministres des Affaires et de la Défense Laurent Fabius et Jean-Yves Le Drian, les deux pivots de sa politique extérieure.

Il s'est dit "sûr" de l'issue victorieuse de cette intervention qui n'a "pas vocation à durer".

Le Parlement, qui avait soutenu sans réserve l'intervention au Mali, se prononcera sur ce nouvel engagement lors d'un débat sans vote la semaine prochaine.

Les Verts ont d'ores et déjà réclamé un vote et critiqué une intervention unilatérale de la France malgré le vote unanime du Conseil de sécurité qui l'a autorisée. Un avis partagé, dans Le Monde, par l'ancien Premier ministre UMP Dominique de Villepin.

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L'argument budgétaire est aussi avancé, l'opération Sangaris risquant d'alourdir encore la facture 2013 des opérations extérieures (Opex), qui s'élève pour l'heure à 1,25 milliard d'euros, un record depuis dix ans.

"Il y a de nombreux endroits en Afrique où le défaut d'Etat fait qu'on est tombés dans des zones grises et où il y a des massacres. Va-t-on intervenir partout ? Alors même que l'on baisse les crédits de la Défense, avons-nous les moyens de multiplier les opérations de ce type ?", a demandé sur BFM-TV l'ancienne ministre de la Défense UMP Michèle Alliot-Marie.

Comme au Mali, la Centrafrique pose aussi la question du soutien, autre que symbolique, du reste de la communauté internationale à l'engagement français.

Si François Hollande a mis en exergue dans son allocution l'idée première d'un soutien aux Africains, avec l'appui de l'Union européenne, Paris se retrouve en première ligne.

En votant à l'unanimité la résolution sur la Centrafrique, le Conseil de sécurité de l'Onu a montré qu'il laissait Paris gérer avec les Africains la crise dans son ancienne colonie aux lendemains plus qu'incertains.

Même si elle s'en défend, la France se retrouve malgré elle gendarme d'une Afrique qu'elle espère voir se doter d'une force de réaction rapide à même de traiter ce genre de crise.

Le sujet est tête de chapitre au sommet de l'Elysée sur la paix et la sécurité en Afrique qui se terminera samedi soir par une réunion consacrée à la seule Centrafrique.

"Ce que la France fera en Centrafrique, c'est ce que nous-mêmes nous ferons, c'est-à-dire rétablir la paix et la sécurité sur tout le territoire de la RCA et mettre hors d'état de nuire les forces qui détruisent tout", déclarait jeudi à des journalistes le président congolais, Denis Sassou N'Guesso. "La France ne souhaitait pas intervenir dans les affaires africaines sans un mandat de l'Onu. C'est une bonne démarche".

PLUS ACTIF QUE CHIRAC ET SARKOZY

A la question de savoir pourquoi la France avait attendu pour imposer la Centrafrique en tête des préoccupations de la communauté internationale, Denis Sassou N'Guesso a répondu par une critique en creux des aléas médiatiques : "La Centrafrique, ce n'était pas la Syrie. A un certain moment, certains événements ont occulté la Centrafrique".

Sur le dossier syrien, qui domine l'actualité depuis son arrivée au pouvoir en mai 2012, François Hollande a échoué à imposer ses vues. Son idée d'intervenir militairement a été balayée par l'accord sur le contrôle des armes chimiques imposé à Damas par la Russie et les Etats-Unis.

Un "lâchage" de Paris lié au souhait de Washington ne pas mettre en danger les négociations secrètes alors en cours vers un rapprochement avec l'Iran de Hassan Rohani.

Paris a aussi cherché à être en pointe sur le dossier iranien. François Hollande a été le premier chef d'Etat occidental à rencontrer Hassan Rohani en septembre et la France a oeuvré pour imposer un accord contraignant visant à empêcher Téhéran de se doter de l'arme nucléaire.

Avec deux interventions armées en moins d'un an, François Hollande se montre beaucoup plus actif que ses prédécesseurs sur le terrain militaire.

Nicolas Sarkozy avait engagé l'armée française en Côte d'Ivoire et en Libye, avec l'aval de l'Onu.

Les 12 années au pouvoir de Jacques Chirac avaient été quant à elles marquées par son refus de s'engager en Irak. Dans les années 1990, c'est sous l'égide de l'Otan que la France était intervenue en Bosnie et au Kosovo.

Avec Marine Pennetier et Yves Clarisse, édité par Yves Clarisse

reuters.com

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