La mort de Mandela, répit provisoire pour son successeur Zuma
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La mort de Mandela, répit provisoire pour son successeur Zuma
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par Ed Cropley
JOHANNESBURG (Reuters) - La mort de Nelson Mandela apporte un bref répit politique à son successeur Jacob Zuma, accusé il y a encore une semaine d'avoir consacré 20 millions de dollars d'argent public à la rénovation de sa résidence privée.
Lorsque Jacob Zuma, parvenu en 2009 à la tête de l'Etat après y avoir été précédé par Nelson Mandela, Thabo Mbeki et Kgalema Motlanthe, a annoncé la mort de l'ancien président, il a fait preuve d'une solennité qui contrastait avec une caricature publiée quelques jours plutôt par l'hebdomadaire Mail & Guardian.
Le journal accompagnait par ce dessin, qui représentait Jacob Zuma en train de siroter un cocktail et de baigner dans de l'argent, un article selon lequel le président a utilisé des fonds publics pour installer une piscine dans sa résidence de Nkandla, officiellement pour parer aux risques d'incendie.
"Les deux dernières semaines ont été très rudes pour Zuma, en particulier celle-ci avec les retombées de Nkandla", explique William Gumede, politologue à l'université Wits de Johannesburg. "Mais Mandela pourrait lui apporter un peu de soulagement. Au moins, les gens ne pensent plus à lui pour le moment."
Jacob Zuma conduira le Congrès national africain (ANC, gauche), dont sont issus Nelson Mandela et tous ses successeurs à la présidence, aux élections législatives de 2014, à l'issue desquelles le parti, au pouvoir depuis la fin de l'apartheid en 1994, continuera probablement à dominer la vie politique.
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"BERLUSCONI NOIR"
Pour autant, l'ancien mouvement de libération, qui a pour la première fois obtenu moins de deux tiers des suffrages en 2009, va probablement chercher à tirer profit de la figure de Nelson Mandela. De nombreux électeurs 'nés libres', qui n'ont pas connu l'apartheid, vont voter pour la première fois.
Cette stratégie risque cependant de se révéler à double tranchant pour Jacob Zuma, dont la stature publique est loin de l'image de probité et de vertu attachée par l'opinion publique sud-africaine à Nelson Mandela.
L'actuel président, marié à plusieurs épouses, a ainsi été jugé pour viol en 2006. Même s'il a été acquitté, les propos tenus par Jacob Zuma à cette occasion, dans lesquels il disait avoir pris une douche pour compenser son absence de préservatif lors d'un rapport avec une partenaire infectée au VIH, ont fait douter l'opinion de son bon sens.
Le "Berlusconi noir", comme l'a surnommé le magazine allemand Stern, a aussi échappé en 2009 à un procès pour corruption, lié à un contrat d'armement. Le parquet a abandonné ses poursuites juste avant l'élection présidentielle.
"Lors de l'élection (de 2014), l'ANC s'identifiera dans les faits à Nelson Mandela", prédit Nic Borain, politologue indépendant. "C'est une stratégie valable, vu le genre d'ennuis rencontrés par le président, mais elle a un point faible - le risque qu'il devienne impossible d'ignorer la comparaison entre les deux."
Julien Dury pour le service français, édité par Gilles Trequesser
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