Le parti de Nicolas Maduro remporte les municipales au Venezuela
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par Daniel Wallis et Andrew Cawthorne
CARACAS (Reuters) - Le Parti socialiste au pouvoir a remporté les élections municipales organisées dimanche au Venezuela, un succès crucial pour le président Nicolas Maduro confronté à une dégradation de l'économie et au poids de l'héritage laissé par son mentor et prédécesseur Hugo Chavez.
Après dépouillement des bulletins dans trois quarts des 337 municipalités en jeu, le PSUV et ses alliés s'imposent dans 196 villes avec 49,2% des voix contre 42,7% à la principale alliance d'opposition, qui enlève 53 municipalités, indique la commission électorale qui a estimé la participation à 59%.
Depuis son arrivée au pouvoir en avril, Maduro doit composer avec une pléthore de problèmes économiques dont une inflation de 54% par an qui est la plus importante du continent, un ralentissement de la croissance et des pénuries à l'origine d'un mécontentement social.
La campagne pour les municipales a été marquée par des actions spectaculaires, notamment l'intervention autoritaire des pouvoirs publics pour faire baisser les prix, qui s'est révélée populaire parmi les consommateurs les plus pauvres.
Cette victoire électorale représente une aide précieuse pour Maduro qui continue de vivre dans l'ombre de son prédécesseur et peine à imposer son autorité sur les différentes factions du Parti socialiste.
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Cela devrait également lui donner une petite marge de manoeuvre pour prendre des mesures impopulaires comme une dévaluation de la monnaie nationale, le bolivar, qui s'est effondrée sur le marché noir.
"Le peuple vénézuélien a déclaré au monde que la révolution bolivarienne se poursuivait avec la même force", a dit Maduro dans un discours prononcé dimanche soir.
"Nous allons approfondir cette semaine notre offensive économique pour aider les classes laborieuses et protéger les classes moyennes", a-t-il ajouté. "Cette semaine, ce sera au tour des secteurs du logement et de l'alimentation."
ECHEC DE CAPRILES
Comme prévu, l'opposition réunie autour de la Table de l'unité démocratique (Mesa de la Unidad Democratica, MUD) a enregistré de bons scores dans les zones urbaines, conservant la capitale Caracas et la deuxième ville du pays, Maracaibo. Elle enlève également la capitale de l'Etat de Barinas, le région dont Chavez était originaire.
Toutefois, l'opposition conduite par Henrique Capriles, battu par Maduro lors de la présidentielle, ne parvient pas à réunir la majorité des suffrages au niveau national et échoue dans sa tentative de faire de ces municipales un référendum contre le pouvoir en place.
"J'ai fait tout ce qui est possible", a déclaré Capriles après l'annonce des résultats. "Souvenons-nous que le Venezuela n'appartient pas à une seule personne. Un pays divisé a besoin de dialogue."
Triomphant sur la place Bolivar dans le centre de Caracas, Nicolas Maduro a raillé ses adversaires.
"Ils nous ont sous-estimés. Ils m'ont qualifié d'âne. C'est du racisme social", a lancé le chef de l'Etat vénézuélien. "Ils affirmaient qu'il s'agissait d'un plébiscite aujourd'hui et que Maduro devrait quitter le pouvoir après cela."
Pour le sondeur et politologue Luis Vicente Leon, il est clair que "l'opposition n'a pas atteint son objectif de transformer ce scrutin en vote de contestation contre Maduro".
Les militants de la MUD ont signalé quelques irrégularités dimanche, notamment des actions d'intimidation de certains observateurs et l'utilisation de véhicules de la compagnie publique pétrolière PDVSA pour amener des partisans du gouvernement jusqu'aux bureaux de vote.
Capriles a accusé le pouvoir d'avoir imposé le silence à certains médias locaux et d'avoir mené la campagne la plus injuste de l'histoire du pays.
"Il m'a pratiquement fallu faire tout le tour du pays avec un porte-voix. Cette campagne a été marquée par un violent gaspillage (de la part du gouvernement) des ressources du Venezuela", a dit Capriles.
Le chef de l'opposition n'a toutefois pas annoncé de recours contre les résultats. Les élections parlementaires sont prévues en 2015.
Andrew Cawthorne et Brian Ellsworth; Pierre Sérisier et Henri-Pierre André pour le service français
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