Aucune avancée à la "table ronde" de Kiev
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par Natalia Zinets
KIEV (Reuters) - Le président ukrainien, Viktor Ianoukovitch, n'a pas fait de concessions véritables vendredi lors de la première "table ronde" organisée en présence des trois principaux chefs de file du mouvement de contestation pour tenter de trouver une issue à la crise politique.
"Nous allons lui transmettre vos revendications. Nous allons nous battre pour notre victoire", avait lancé avant la réunion l'ancien ministre de l'Economie Arseni Iatseniouk, membre de l'alliance de Ioulia Timochenko, à la foule d'opposants rassemblés place de l'Indépendance à Kiev.
Les deux autres dirigeants de l'opposition, l'ex-champion de boxe Vitali Klitschko, président du parti Oudar, et le nationaliste Oleh Tiahnibok, étaient à ses côtés tandis qu'il parlait.
Mais le président ukrainien, qui a également consulté l'un de ses prédécesseurs, Leonid Kravtchouk, ainsi que des responsables de groupes parlementaires et des dignitaires religieux, n'a pas répondu à leurs aspirations.
"Cette table ronde n'était qu'une déclaration, et pas le moindre pas n'a été fait en direction de l'opposition. J'ai l'impression que les autorités aujourd'hui n'ont pas écouté la moindre demande de l'opposition", a déclaré Vitali Klitschko.
Lors de ses interventions au cours de cette réunion, Viktor Ianoukovitch a tenté d'adopter une position de neutralité face aux violences qui ont émaillé la mobilisation des partisans d'un rapprochement avec l'Europe.
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"Toute instabilité influence négativement non seulement l'image de notre pays, mais aussi la vie des gens, la stabilité de notre économie qui vacille", a-t-il dit.
"Je suis scandalisé par les actions radicales qui se sont produites sur 'Maïdan' (la place de l'Indépendance, dans le centre de Kiev, point focal de la contestation, NDLR), tant de la part de provocateurs que des forces de l'ordre qui ne se sont pas comportées de manière correcte", a poursuivi le président ukrainien.
NOUVELLE MANIFESTATION PROGRAMMÉE DIMANCHE
Dans un geste d'apaisement, il a proposé une amnistie pour les manifestants interpellés mais n'a rien dit sur le sort de son Premier ministre, Mikola Azarov, dont l'opposition réclame le départ.
Sur le fond, il a de nouveau défendu sa décision de ne pas signer l'accord d'association qui était en cours de négociation depuis des mois avec l'Union européenne.
Cette volte-face, à l'origine de la mobilisation, était nécessaire, a-t-il dit, du fait de l'état de l'économie ukrainienne qui, plaide-t-il, ne peut être relancée sans un "rétablissement de relations commerciales normales avec la Russie".
Une délégation du gouvernement ukrainien se trouve à Bruxelles pour tenter d'obtenir une aide financière, mais Viktor Ianoukovitch semble toujours attendu la semaine prochaine à Moscou pour signer un accord commercial avec son voisin russe.
A Moscou, le Premier ministre russe, Dmitri Medvedev, a souligné que l'Ukraine devait éviter une "scission tectonique" entre l'Ouest ukrainophone plutôt pro-européen et l'Est russophone et russophile.
Il a dénoncé les "ingérences grossières" des responsables politiques de l'UE qui ont fait des apparitions aux manifestations de l'opposition, attaque directe contre Catherine Ashton, notamment, la Haute Représentante des Vingt-Huit pour la politique étrangère et de sécurité commune et plusieurs ministres européens des Affaires étrangères.
La contestation ne devrait pas faiblir avec une nouvelle manifestation de masse programmée pour ce dimanche.
Avec Richard Balmforth, Henri-Pierre André pour le service français, édité par Gilles Trequesser
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