Coup de filet dans l'entourage du chef de la mafia sicilienne
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PALERME, Sicile (Reuters) - La police italienne a arrêté vendredi quatre membres de la famille du "parrain des parrains" en fuite de Cosa Nostra, la mafia sicilienne, à l'occasion d'un coup de filet dans les milieux mafieux.
La soeur, le neveu et deux cousins de Matteo Messina Denaro, surnommé le "playboy de la mafia" en raison de son goût prononcé pour les bolides, les femmes et les montres en or, font partie d'une trentaine de suspects interpellés dans la région de Trapani, dans l'ouest de la Sicile.
Messina Denaro, qui est âgé de 50 ans et dirige la mafia sicilienne depuis 2006, vit dans la clandestinité depuis 1993. Les enquêteurs pensent que sa soeur Patrizia, 43 ans, et les autres parents arrêtés sont en contact avec le parrain de Cosa Nostra et l'aident à diriger l'organisation mafieuse.
Les forces de l'ordre ont, lors de l'opération, confisqué des biens d'une valeur d'environ cinq millions d'euros.
Ce coup de filet survient une semaine après des menaces de mort proférées par Salvatore Riina, qui a dirigé Cosa Nostra jusqu'à son arrestation en 1993, contre le procureur de Palerme, Antonino Di Matteo. Ces menaces ont été enregistrées par des micros et des caméras cachés dans la prison de "Toto" Riina alors que ce dernier conversait avec un codétenu.
"J'aimerais le découper comme un thon", a confié l'ancien "capo dei capi" de Cosa Nostra à propos du procureur, a-t-on appris de sources judiciaires à Palerme qui ont pu entendre l'enregistrement.
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RIINA MENACE LE JUGE DI MATTEO
Ces menaces sont proférées 21 ans après les attentats à la bombe qui ont coûté la vie aux juges Giovanni Falcone et Paolo Borsellino. Antonino Di Matteo est chargé du dossier d'accusation dans cette affaire, qui est jugée à Milan pour des impératifs de sécurité.
Le procureur n'a pas assisté aux audiences milanaises et a été placé dans un dispositif de sécurité "exceptionnel" de niveau 1, équivalent à celui dont bénéficient le chef de l'Etat et le président du Conseil italiens.
"L'absence d'Antonino Di Matteo à Milan est un très mauvais signe", a jugé Salvatore Borsellino, frère du magistrat assassiné en 1992, qui estime que cela illustre l'incapacité des pouvoirs publics à garantir sa sécurité.
Il considère comme "très grave" que le président du Conseil, Enrico Letta, et le président de la République, Giorgio Napolitano, n'aient pas exprimé publiquement leur soutien à Antonino Di Matteo après la divulgation de l'enregistrement de Salvatore Riina par les médias italiens.
Antonino Di Matteo vit sous protection policière depuis au moins quinze ans et se déplace à Palerme entouré de neuf gardes du corps et de trois véhicules. Dimanche, il a décliné l'offre de circuler à bord d'un véhicule militaire blindé.
"Je ne vais pas me déplacer en ville dans un char", a-t-il expliqué.
Wladimir Pantaleone, avec Philip Pullella à Rome et Sara Rossi à Milan; Jean-Loup Fiévet pour le service français, édité par Gilles Trequesser
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