Colère de Téhéran, discussions sur le nucléaire iranien stoppées
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par Fredrik Dahl
VIENNE (Reuters) - Les discussions techniques entre l'Iran et le groupe P5+1 sur la mise en oeuvre de l'accord sur le programme nucléaire iranien ont été suspendues vendredi.
La colère de Téhéran après la décision américaine d'étendre ses sanctions expliquerait en partie cette interruption, a-t-on appris de sources diplomatiques.
La Russie a fait part de sa préoccupation. "La décision de l'administration américaine va à l'encontre de l'esprit de ce document", a dit la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Maria Zakharova, en évoquant l'accord de Genève.
En visite en Israël, le secrétaire d'Etat américain John Kerry a cherché quant à lui à minimiser les tensions actuelles.
"Nous avons travaillé dur à Vienne, nous avançons mais je pense qu'il y a un moment dans ce genre de discussions où les gens éprouvent le besoin de consulter et de faire une pause", a-t-il dit.
"On peut tout à fait s'attendre à ce que les pourparlers se poursuivent dans les jours qui viennent et ce que nous parvenions à appliquer l'ensemble de ce plan", a-t-il ajouté.
Des experts des deux parties étaient réunis depuis quatre jours au siège de l'Agence internationale de l'Energie atomique (AIEA), à Vienne, pour définir les modalités d'application de l'accord provisoire conclu le 24 novembre à Genève entre l'Iran et les cinq membres du Conseil de sécurité de l'Onu (Etats-Unis, Russie, Chine, France et Grande-Bretagne) plus l'Allemagne.
Cet accord d'une validité de six mois prévoit la suspension de certaines activités nucléaires iraniennes en échange de la levée partielle et progressive de sanctions internationales contre la République islamique.
"Au regard de la complexité des questions techniques en discussions, il est devenu évident que des séances de travail supplémentaires étaient nécessaires", a annoncé Michael Mann, porte-parole de Catherine Ashton, haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et interlocutrice désignée par le P5+1 dans les négociations avec l'Iran.
Des consultations vont avoir lieu dans les différentes capitales et les discussions devraient reprendre bientôt, a-t-il ajouté.
Mais la suspension des discussions de Vienne survient au lendemain de l'élargissement par les Etats-Unis de la liste des individus et des entreprises sanctionnés pour leur soutien au programme nucléaire iranien.
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Sans établir de lien entre ces deux événements, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères a souligné vendredi que l'initiative américaine allait à l'encontre de l'esprit de l'accord de Genève.
"Nous examinons la situation et l'Iran réagira en conséquence aux nouvelles sanctions imposées à 19 sociétés et individus. C'est contraire à l'esprit de l'accord de Genève", a dit Abbas Araghchi, lui-même membre de l'équipe de négociateurs iraniens, cité par l'agence de presse Fars.
"NOUS NE PANIQUONS PAS"
L'analyse est partagée à Moscou, où une porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères a estimé qu'en élargissant sa "liste noire" des entreprises et personnalités iraniennes frappées de sanctions, Washington risquait de "compliquer sérieusement l'application de l'accord de Genève, qui propose un allègement du régime de sanctions".
Un diplomate a rapporté que la délégation iranienne avait subitement annoncé jeudi dans la soirée qu'elle rentrait à Téhéran, quelques heures seulement après que Washington eut rendu publique sa décision.
Les Iraniens ont dit qu'"ils avaient reçu instruction de Téhéran de stopper les discussions et de rentrer à Téhéran", a-t-il dit ajouté. "C'était tout à fait inattendu."
Un diplomate de l'Union européenne a dit pour sa part qu'il ne pensait pas que la décision iranienne ait quoi que ce soit à voir avec les sujets débattus dans la capitale autrichienne "mais bien avec l'initiative américaine sur les sanctions".
"Nous ne paniquons pas", a-t-il toutefois ajouté, expliquant que les Iraniens sont pleinement engagés pour que l'accord intérimaire de Genève fonctionne.
Aucun commentaire n'a pu être obtenu dans l'immédiat de source iranienne.
Avant ce coup de théâtre, des diplomates avaient fait part de la grande difficulté à traduire l'accord de Genève en un plan d'action mais relevaient que la volonté politique nécessaire pour aplanir les divergences était bien présente.
Avec Adrian Croft à Bruxelles et Steve Gutterman à Moscou, Bertrand Boucey et Henri-Pierre André pour le service français, édité par Pascal Liétout
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