La NSA en effervescence après le "cataclysme" Snowden
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La NSA en effervescence après le "cataclysme" Snowden
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par Tabassum Zakaria et Warren Strobel
FORT MEADE, Maryland (Reuters) - La National Security Agency (NSA) a mis en oeuvre plusieurs dizaines de mesures pour modifier ses procédures et ses réseaux informatiques afin d'éviter l'émergence d'un nouvel Edward Snowden, a déclaré vendredi l'un de ses dirigeants dans un entretien accordé à Reuters.
Les révélations de l'informaticien, ancien consultant de l'agence, sur l'étendue des programmes de surveillance américains ont eu un effet "cataclysmique", a reconnu Richard Ledgett, chef de la mission mise sur pied pour tirer les leçons de l'affaire.
Il admet également que la NSA n'a pas réagi de la meilleure manière et promet davantage de transparence, mais redoute aussi qu'Edward Snowden, qui aurait eu accès à 1,7 million de documents, ne continue à les divulguer.
Richard Ledgett justifie par ailleurs la mission de NSA, qui consiste notamment à déjouer les complots terroristes, et assure que l'affaire Snowden ne l'a pas dissuadée de recruter hackers, linguistes et autres génies de l'informatique.
"Chaque fois qu'on fait confiance à quelqu'un, il y a une possibilité d'être trahi", a-t-il souligné lors de ce rare entretien qui s'est déroulé à Fort Meade (Maryland), au siège de l'agence.
Quarante et une mesures techniques sont selon lui mises en oeuvre pour marquer et suivre les données, ou pour superviser les réseaux informatiques et accroître la surveillance des activités individuelles.
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Il s'agit entre autres de doubler les contrôles sur les postes ou des données sont accessibles, de renforcer les mesures de sécurité auxquelles le personnel est soumis et d'accroître la fréquence des vérifications concernant les dispositifs d'accès aux réseaux, explique Richard Ledgett.
Mise en cause depuis des mois aussi bien dans la presse qu'au Congrès ou à l'étranger, la NSA, qui communique rarement, s'efforce désormais de donner sa version de l'affaire Snowden.
Ainsi a-t-elle ouvert ses portes à une équipe de CBS, dont le reportage sera diffusé dimanche.
DES VOIES TOUTES TRACÉES POUR NOS ADVERSAIRES
Accorder des interviews "ne m'est pas coutumier", ironise Richard Ledgett, que Reuters a interrogé alors qu'un panel chargé de réfléchir aux réformes à entreprendre pour éviter une réédition de l'affaire Snowden remettait son rapport à Barack Obama.
Refusant d'évoquer ces recommandations, le fonctionnaire qui pourrait devenir n°2 de l'agence, laisse toutefois entendre qu'un encadrement plus étroit des activités de la NSA n'est pas impossible.
Il n'a présenté aucune excuse pour ce que beaucoup considèrent comme des méthodes abusives et a rappelé que les activités de l'agence répondent à 36.000 pages de directives.
Ces activités tiennent dans une "boîte" conforme à la législation et à la politique du gouvernement, mais chaque millimètre carré de ladite boîte sera exploité, a-t-il assuré, laissant entendre qu'aucune possibilité légale ne serait négligée.
L'enquête interne menée par la NSA a permis d'identifier 98% des documents auxquels Edward Snowden a eu accès et de conclure qu'il a vraisemblablement agi sans l'aide d'autres membres du personnel de l'agence ou services de renseignements étrangers.
Un logiciel censé dissiper la "menace interne", dont Barack Obama a ordonné la généralisation après les divulgations de Wikileaks, étaient en cours d'installation au moment des faits, mais n'était pas encore opérationnel, a expliqué Richard Ledgett. "Snowden a frappé à un moment très opportun... Pour lui, pas pour nous", a-t-il commenté.
Les documents que l'informaticien a divulgués jusqu'ici portent sur des programmes de la NSA et des partenariats avec d'autres pays ou des entreprises étrangères, plutôt que sur des rapports et des "requirements", poursuit Ledgett, évoquant les demandes du gouvernement au sujet de menaces spécifiques.
"Celles-ci me rendent nerveux parce qu'elles révèlent ce que nous savons et ce que nous ignorons, et ce sont des voies toutes tracées pour nos adversaires", dit-il.
Pour le moment, aucun membre du personnel de la NSA n'a selon lui été limogé dans le cadre de l'affaire Snowden, mais trois personnes pourraient faire l'objet de mesures disciplinaires.
Jean-Philippe Lefief pour le service français
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