Le Japon et l'Asean défendent l'ouverture du ciel
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Le Japon et l'Asean défendent l'ouverture du ciel
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par Elaine Lies
TOKYO (Reuters) - Le Japon et les nations de l'Asie du Sud-Est ont plaidé samedi pour une ouverture du ciel et de la navigation en pleine mer sur fond de tensions avec Pékin en mer de Chine orientale.
Dans une déclaration adoptée lors du sommet de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (Asean) à Tokyo, ils prônent également un règlement des litiges par des moyens pacifiques.
La Chine a unilatéralement mis en place le 23 novembre dernier une zone aérienne d'identification et de défense au-dessus de la mer de Chine orientale, englobant les îles Diaoyu/Senkaku, un archipel d'îlots administrés par Tokyo mais dont Pékin revendique la souveraineté.
L'initiative a provoqué des protestations officielles du Japon, des Etats-Unis et de la Corée du Sud.
Des contentieux territoriaux opposent aussi la Chine à d'autres pays asiatiques, dont des membres de l'Asean.
"Nous avons souligné l'importance du maintien de la paix, de la stabilité et de la prospérité dans la région et du développement de la sécurité maritime, de la liberté de navigation, d'un commerce sans entrave, de l'exercice de la retenue et du règlement des litiges par des moyens pacifiques conformément aux principes universellement reconnus du droit international", peut-on lire dans la déclaration adoptée au sommet de Tokyo.
Le texte ne fait pas explicitement allusion à l'initiative de Pékin, mais relève que le Japon se félicite de la tenue de consultations entre l'Asean et la Chine sur un Code de conduite en mer de Chine.
"QUICONQUE EST DOTÉ DE LA MOITIÉ D'UN CERVEAU..."
Compte tenu de son poids économique, nombre d'Etats membres de l'Asean sont réticents à attaquer la Chine de front.
Mais lors de sa conférence de presse, le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, n'a pas mâché ses mots.
"La zone aérienne d'identification et de défense que la Chine a instaurée en mer de Chine orientale est une atteinte injuste à la liberté de survol des zones de haute mer, qui est une règle générale du droit international. Nous réclamons que la Chine annule toutes les mesures comme celle-ci qui vont à l'encontre de la règle générale", a-t-il dit.
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Les tensions en mer de Chine, où la zone aérienne d'identification et de défense contraint théoriquement tous les avions survolant le secteur à communiquer leurs plans de vol aux autorités chinoises, font craindre qu'un incident mineur ne dégénère rapidement.
La semaine dernière, un croiseur lance-missile de l'US Navy et un bâtiment de soutien du porte-avions chinois Liaoning ont évité de justesse une collision en mer de Chine méridionale, a annoncé vendredi le commandement de la Flotte américaine dans le Pacifique.
"Si la Chine continue de défier la présence de bâtiments étrangers en mer de Chine méridionale, ce n'est qu'une question de temps avant qu'un incident sérieux et potentiellement mortel ne se produise", estime Ian Storey, spécialiste des questions de sécurité régionale à l'Institut des études sur l'Asie du Sud-Est à Singapour.
En Chine, les médias officiels ont continué de tirer à boulets rouges sur le Japon.
L'agence de presse Chine nouvelle a reproché vendredi à Shinzo Abe de vouloir "reprendre son petit jeu visant à accuser la Chine" lors du sommet de Tokyo.
"Nous pensons que quiconque est doté de la moitié d'un cerveau sait pertinemment que c'est le Japon qui a le premier mis délibérément le feu à la région", ajoute l'agence officielle.
L'Asean, fondée en 1967, regroupe le Vietnam, la Thaïlande, Singapour, les Philippines, la Malaisie, la Birmanie, le Laos, l'Indonésie, le Cambodge et Bruneï. Traditionnellement, ses sommets sont accompagnés d'une réunion dite de l'Asean+3, avec la Chine, le Japon et la Corée du Sud. Mais cette année, Pékin et Séoul n'ont pas été invités.
Avec Kiyoshi Takenaka à Tokyo et David Alexander à Washington; Jean-Loup Fiévet et Henri-Pierre André pour le service français
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