Le gouvernement thaïlandais maintient le calendrier électoral
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Grenades lacrymogènes contre des manifestants thaïlandais
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Grenades lacrymogènes contre des manifestants thaïlandais
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par Apornrath Phoonphongphiphat
BANGKOK (Reuters) - Le gouvernement thaïlandais a rejeté jeudi la demande de la Commission électorale de reporter les élections législatives anticipées fixées au 2 février par le Premier ministre Yingluck Shinawatra.
"Le scrutin du 2 février ira de l'avant", a annoncé le vice-Premier ministre Pongthep Thepkanchana. Il n'existe pas de texte législatif autorisant l'exécutif à retarder les élections", a-t-il expliqué lors d'une allocution télévisée.
L'opposition a présenté sa requête après des heurts meurtriers entre la police et des manifestants antigouvernementaux.
Un policier a été tué et trois autres blessés par balle, alors que les forces de l'ordre tiraient des grenades lacrymogènes et des balles en caoutchouc sur des manifestants qui tentaient de s'introduire dans un gymnase pour empêcher des inscriptions de candidats au scrutin.
Quatre-vingt dix-sept personnes en tout ont été hospitalisées, dont 25 policiers
Quelques heures après le début des affrontements, la Commission électorale a recommandé au gouvernement de reporter le scrutin tant que sa tenue ne serait pas acceptée par toutes les forces en présence.
Les manifestants refusent l'organisation du scrutin, qui aboutirait probablement à une victoire des populistes du parti Pheu Thai de Yingluck Shinawatra, et les conservateurs du Parti démocrate, principale formation de l'opposition, ont décidé de le boycotter.
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LA POLICE APPELÉE À LA RETENUE
Menés par Suthep Thaugsuban, ancien cadre du Parti démocrate, les manifestants veulent instaurer un "Conseil populaire" non élu, jugeant que le camp de Yingluck Shinawatra pervertit la démocratie.
La recommandation de la Commission fragilise la Première ministre, pour qui les élections sont un moyen de retrouver sa légitimité face à des manifestants qui la jugent sous l'influence de son frère, l'ancien chef du gouvernement Thaksin Shinawatra, en exil après une condamnation pour corruption.
Le chef du gouvernement est aussi mis en difficulté par la violence des heurts de jeudi, ayant elle-même demandé à la police d'agir avec retenue par crainte que les manifestants sèment sciemment le chaos.
Avant l'annonce de la mort d'un policier, Paradorn Pattanathabutr, le chef du Conseil de sécurité nationale, a assuré que l'intervention des forces de l'ordre ne traduisait pas un changement de politique de la part des autorités, qui ont promis d'éviter la violence.
Quelque 2.000 manifestants se sont rassemblés devant le domicile, situé dans un faubourg de la capitale, de Yingluck Shinawatra. Cette dernière est la plupart du temps absente ces derniers jours de Bangkok, faisant campagne dans les zones rurales du Nord où elle dispose d'une forte base électorale.
Le ministère des Finances a, par ailleurs, annoncé jeudi que la Thaïlande, deuxième économie d'Asie du Sud-Est après l'Indonésie, n'enregistrerait qu'une croissance de 2,8% du produit intérieur brut (PIB), sous l'objectif de 3%, en raison des troubles.
Avec Aukkarapon Niyonyat, Panarat Thepgumpanat et Jutarat Skulpichetrat; Tangi Salaün, Julien Dury et Jean-Loup Fiévet pour le service français, édité par Pascal Liétout
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