Obama fournit un angle d'attaque aux démocrates en campagne
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par Andy Sullivan
WASHINGTON (Reuters) - Barack Obama a fourni mardi un angle d'attaque aux candidats de son Parti démocrate en campagne pour les élections de mi-mandat en novembre prochain: qu'ils mettent au défi les républicains dénonçant sa réforme de la santé de proposer un meilleur projet.
Lors de ses deux précédents discours sur l'état de l'Union, le président démocrate n'avait pratiquement pas mentionné l'Affordable Care Act, la loi sur les soins abordables rejetée par les républicains et une large partie de l'opinion publique qui vise à fournir une assurance maladie obligatoire en échange de subventions fédérales aux millions d'Américains qui en sont dépourvus.
Mais mardi soir, il a pris la défense de ce qui est considéré comme sa principale réalisation sur le plan intérieur depuis son arrivée à la Maison blanche, en janvier 2009. L'idée sous-jacente ? Fournir aux démocrates qui auront du mal à conserver leur siège en novembre les munitions nécessaires pour contrer l'offensive de leurs adversaires républicains.
Sans s'arrêter sur les difficultés de mise en oeuvre de la réforme - à commencer par les ratés de sa pièce maîtresse, le site healthcare.gov, qui ont fait les gros titres de l'actualité en octobre-novembre -, Obama a présenté l'ensemble comme un filet de sécurité essentiel protégeant les individus de catastrophes financières ou médicales.
L'Affordable Care Act, a-t-il ajouté, remédie aussi aux injustices d'un système de santé qui pouvait exiger que les femmes paient plus que les hommes pour bénéficier d'une couverture maladie comparable et permettait de refuser d'assurer des personnes malades.
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"C'est tout le sens de cette réforme de l'assurance maladie: la tranquillité d'esprit de savoir qui si l'infortune frappe, on ne perdra pas tout", a-t-il dit.
"QU'ILS LE DISENT À L'AMÉRIQUE !"
Ce message pourrait servir de viatique aux sénateurs démocrates sortant les plus en difficulté comme Kay Hagan en Caroline du Nord, Mary Landrieu en Louisiane, Mark Pryor dans l'Arkansas ou encore Mark Begich en Alaska.
Tous quatre remettront leur mandat en jeu en novembre dans des Etats qui penchent traditionnellement à droite et où le Parti républicain a décidé de concentrer ses attaques sur le soutien qu'ils ont apporté à l'Obamacare.
Or ces Etats seront déterminants: les républicains, qui devraient conserver leur majorité à la Chambre des représentants, doivent conquérir six sièges au Sénat pour prendre aussi le contrôle de la chambre haute du Congrès. Obama vivrait alors ses deux dernières années à la Maison blanche dans le cadre d'une cohabitation avec un Congrès rouge, la couleur du Grand Old Party.
"Je n'entends pas convaincre mes amis républicains des mérites de cette loi mais je sais que les Américains n'ont pas envie de raviver de vieilles querelles", a-t-il poursuivi. "Alors, une nouvelle fois, s'ils ont des propositions spécifiques pour réduire les coûts et assurer plus de gens, qu'ils le disent à l'Amérique!"
A l'appui de cet angle d'attaque, les démocrates pourront rappeler à loisir, ainsi que l'a fait Obama mardi soir, que les républicains ont voté plus de 40 fois pour repousser l'Obamacare, mais qu'ils ne se sont pas rassemblés une seule fois derrière un projet commun offrant une autre voie pour réformer le système de santé, le plus coûteux parmi les pays de l'OCDE.
"Nous devons au peuple américain de lui dire ce que nous défendons, pas seulement ce que nous rejetons", a martelé Obama.
Pour Robert Shapiro, qui enseigne la science politique à l'université de Columbia, Obama a eu raison de ne pas fuir le débat sur sa réforme controversée, ainsi qu'il l'avait fait en janvier 2012 puis en janvier 2013, mais de l'aborder frontalement. "De toute façon, les républicains vont en parler. Il n'a pas le pouvoir de maintenir le sujet à l'écart du débat public", dit-il.
Pour autant, l'initiative politique sera-t-elle payante ?
Par le passé, les présidents dans l'exercice de leur second et dernier mandat à la Maison blanche ont traditionnellement vu leur parti perdre du terrain lors des élections intermédiaires. En outre, l'électorat blanc et âgé, qui a tendance à se mobiliser davantage que les autres catégories de votants lors de ces scrutins, penche fortement vers le Parti républicain.
Enfin, les électeurs de plus de 65 ans, qui bénéficient déjà du programme fédéral Medicare, ont le moins à gagner de l'Obamacare.
Avec David Morgan, John Whitesides et Susan Cornwell; Henri-Pierre André pour le service français
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