L'eau, nouvelle arme des insurgés irakiens d'Anbar
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par Ahmed Rasheed et Raheem Salman
FALLOUDJA Irak (Reuters) - Les insurgés irakiens qui tiennent Falloudja, dans la province d'Anbar, ont ajouté une nouvelle arme à leur arsenal: un barrage sur l'Euphrate qui peut leur permettre d'inonder certains secteurs et empêcher les forces gouvernementales de progresser.
Le barrage de Falloudja, qui sert à l'irrigation des terres alentour et à l'adduction d'eau à destination des populations locales, est situé à cinq kilomètres au sud de la ville dont se sont emparés au début de l'année des insurgés mêlant forces tribales antigouvernementales et djihadistes, dont certains appartiennent à l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL).
La ville est depuis lors encerclée par les forces irakiennes et régulièrement bombardée.
Mais cela n'a pas empêché des combattants de l'EIIL, proche d'Al Qaïda, de pousser leur avantage en février pour prendre le secteur du barrage. D'après des sources tribales locales, ils ont entrepris de sécuriser la structure, désormais protégée par des sacs de sable et des murs de béton anti-explosion.
De même source, on ajoute que les djihadistes de l'EIIL ont fermé il y a une semaine huit des dix vannes de l'ouvrage, inondant les terres situées en amont et réduisant en aval le débit du fleuve qui traverse les provinces méridionales de l'Irak et alimente des structures hydroélectriques avant de se jeter dans le Golfe.
L'objectif, ajoute-t-on, était de contraindre les forces gouvernementales à battre en retraite devant la montée des eaux et de lever le siège de la ville.
"Se servir de l'eau comme d'une arme et assoiffer les populations constitue un crime abominable", a dénoncé Oun Dhiyab, conseiller au ministère de l'Eau. "Fermer le barrage et jouer avec les eaux de l'Euphrate auront de sinistres conséquences", ajoute-t-il.
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"UNE OPÉRATION MILITAIRE POURRAIT ÊTRE LANCÉE TRÈS VITE"
Jeudi, cinq vannes ont été rouvertes. Il semblerait que les combattants de l'Etat islamique en Irak et au Levant se soient rendus compte que leurs propres bastions étaient menacés par l'inondation.
Falloudja, à 70 km à l'ouest de Bagdad, fut le théâtre de deux batailles majeures lors de l'intervention américaine, au printemps puis à l'automne 2004.
Dans son allocution télévisée hebdomadaire, le Premier ministre, Nouri al Maliki, qui s'abstient pour l'instant de déclencher une offensive totale sur Falloudja, a promis des représailles.
"Ces assassins ont profité de la politique de retenue de mon gouvernement. Mais il semble que la situation s'est compliquée et qu'elle requiert désormais la confrontation", a-t-il menacé.
A Falloudja et Ramadi, l'autre grande ville de la province d'Anbar un peu plus à l'ouest, deux officiers de l'armée irakienne ont confirmé que des préparatifs étaient en cours pour reprendre le barrage de Falloudja.
"Nous menons des missions de surveillance aérienne pour localiser les positions des insurgés près du barrage", a dit l'un d'eux. "Une opération militaire pourrait être lancée très vite."
(Henri-Pierre André pour le service français)
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