Gouvernance de l’eau : moment de vérité à l’Assemblée. L'édito de Soazig Quéméner
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Le projet de loi d'urgence agricole est soumis lundi au vote des députés.
LTD/REUTERS - Stephane Mahe
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Le projet de loi d'urgence agricole est soumis lundi au vote des députés.
LTD/REUTERS - Stephane Mahe
La ressource se raréfie, c’est une évidence, visible ces temps-ci à l’œil nu depuis les berges de la Loire ou du Doubs, dont le vigoureux débit immortalisé jadis par Gustave Courbet a laissé place à un canyon digne d’un désert américain. Près d’un tiers des cours d’eau sont actuellement sous les minima observés ces vingt dernières années. La France n’est peut-être pas l’Arizona et ne sera pas demain « le Sahara », comme le rappelle dans nos colonnes la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut.
Mais en ce mois de juillet, l’Hexagone subit une sécheresse particulièrement alarmante avec des restrictions d’eau… jusque dans le Finistère. L’ensemble du pays est à sec alors qu’il y a à peine cinq mois, s’en souvient-on, il était noyé sous une crue que l’on qualifiait d’historique. Un déchaînement des éléments parfaitement anticipé par les experts du Giec, qu’il serait enfin temps de regarder autrement que comme de simples prophètes de malheur.
Ils ont alerté depuis longtemps sur les phénomènes extrêmes engendrés par le changement climatique. Des phénomènes qui se nourrissent les uns les autres, funeste engrenage que l’on peut encore arrêter ou tout du moins freiner. L’homme n’est pas rivière, il peut revenir en arrière.Trois épisodes caniculaires en l’espace d’un mois, des feux infernaux, et maintenant le manque d’eau…
Cette période d’épreuves climatiques à répétition laisse déjà son empreinte dans la psyché des Français. La préoccupation environnementale a fait un bond dans notre baromètre mensuel (+12 points), arrivant devant la dette et le niveau de l’immigration. Sans qu’il soit possible de déterminer s’il s’agit d’une réaction passagère ou si cette inquiétude traversera véritablement le débat présidentiel.