Téhéran maintient le choix de son ambassadeur à l'Onu
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DUBAI/WASHINGTON (Reuters) - Les autorités iraniennes ont maintenu samedi le choix de leur futur ambassadeur aux Nations unies en dépit du veto des Etats-Unis qui ont annoncé qu'il n'obtiendrait pas de visa américain en raison de ses liens avec la crise des otages de 1979-1981.
Le siège de l'Onu se trouvant à New York, le gouvernement fédéral américain peut interdire à Hamid Abutalebi d'entrer dans ses fonctions en invoquant ses intérêts de sécurité nationale.
Vendredi, la Maison blanche a annoncé que l'Onu et l'Iran avaient été informés "qu'aucun visa ne sera délivré à M. Abutalebi". L'Onu n'a pas réagi dans l'immédiat.
"Nous avons été très clairs avec les Iraniens: cette nomination n'est pas viable", a insisté la porte-parole du département d'Etat, Jen Psaki.
Hamid Abutalebi est soupçonné par les Etats-Unis d'avoir fait partie du groupe d'étudiants qui a pris le contrôle de l'ambassade américaine à Téhéran en novembre 1979 et d'y avoir détenu 52 otages américains pendant 444 jours.
Le diplomate chevronné a reconnu avoir agi comme interprète pour ceux qui détenaient les otages. Sur sa page Facebook, il a déploré vendredi soir de voir les Etats-Unis créer un "mauvais précédent".
"Nous n'avons pas de remplaçant pour M. Abutalebi et nous porterons cette affaire devant les mécanismes juridiques des Nations unies", a prévenu samedi Abbas Araghchi, vice-ministre des Affaires étrangères cité par l'agence officielle de presse Irna.
"Conformément à un accord avec les Nations unies, l'Amérique est obligée d'agir dans le respect de ses engagements internationaux", a-t-il ajouté.
"NATURE HOSTILE"
Abbas Araghchi est l'un des principaux négociateurs sur le nucléaire iranien avec les grandes puissances du P5+1. Il a assuré que le rejet d'Hamid Abutalebi par les Etats-Unis n'aurait pas d'impact sur les discussions en cours, dont la prochaine session aura lieu le 13 mai.
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Vendredi, le porte-parole de la mission iranienne à l'Onu, Hamid Babaei, a déploré une décision qui, a-t-il dit, "enfreint le droit international, l'obligation du pays hôte, et le droit intrinsèque des Etats membres souverains à désigner leurs représentants aux Nations unies".
Vahi Ahmadiah, représentant du camp conservateur qui dirige la commission parlementaire des Affaires étrangères et de la sécurité nationale, a vu dans cette décision américaine la preuve de la "nature hostile" des Etats-Unis qui, a-t-il dit, "saisissent toutes les occasions pour s'en prendre à la République islamique".
Jeudi, la Chambre des représentants, après le Sénat, avait voté pour interdire à Hamid Abutalebi l'entrée sur le territoire américain. Des anciens otages à Téhéran avaient saisi le Congrès pour faire part aux élus de leurs objections à sa présence sur le territoire américain.
De nombreux élus au Congrès, y compris des démocrates du camp de Barack Obama, restent très sceptiques au sujet de l'Iran, malgré les efforts du nouveau président iranien Hassan Rohani pour apaiser les tensions entre Washington et Téhéran.
(Mehrdad Belali à Dubai et Patricia Zengerle et Steve Holland à Washington; Guy Kerivel, Danielle Rouquié, Henri-Pierre André et Jean-Stéphane Brosse pour le service français)
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