Khamenei parle avant la reprise des pourparlers sur le nucléaire
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Khamenei parle avant la reprise des pourparlers sur le nucléaire
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par Michelle Moghtader et Mehrdad Balali
DUBAI (Reuters) - Le guide suprême de la Révolution islamique iranienne, Ali Khamenei, a jugé "stupide et idiote", dimanche, la volonté des Occidentaux de limiter le programme de missiles de l'Iran, alors que les négociations sur le nucléaire iranien doivent reprendre mardi à Vienne.
L'ayatollah Khamenei a appelé les gardiens de la Révolution à produire massivement des missiles et estimé que les discussions sur le nucléaire entre Téhéran et les grandes puissances n'étaient pas le lieu pour débattre du programme militaire de la République islamique ni pour résoudre le problème des sanctions qui affectent l'économie iranienne.
"Ils attendent de nous que nous limitions notre programme de missiles tout en menaçant constamment l'Iran d'une action militaire. C'est une attente stupide et idiote", a déclaré Ali Khamenei, cité par l'agence de presse Irna.
"Les gardiens de la Révolution doivent à l'évidence poursuivre leur programme et ne pas se satisfaire du niveau actuel. Ils doivent produire massivement. C'est un devoir prioritaire pour tous les responsables militaires", a-t-il dit.
"J'ai toujours été favorable à l'initiative et la négociation en politique étrangère (...) mais on ne doit pas lier les besoins du pays et des sujets comme les sanctions aux discussions sur le nucléaire", a ajouté Ali Khamenei. "Les responsables doivent régler la question des sanctions d'une autre manière."
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Si les missiles ne sont pas au coeur des pourparlers sur le programme nucléaire iranien, qui se focalisent avant tout sur la production de matériel fissile utilisable dans une bombe atomique, les Occidentaux souhaiteraient les intégrer au menu des discussions car ils estiment que de tels missiles constituent autant de vecteurs potentiels d'ogives nucléaires. Le programme de missiles de l'Iran est l'un des plus développés du Proche et Moyen-Orient mais Téhéran, qui dément toute volonté de construire la bombe atomique, refuse d'inclure dans les pourparlers ce sujet de discussion qui relève selon lui des armes conventionnelles.
TRANSPARENCE
Les commentaires de Khamenei contrastent avec les propos plus conciliants tenus dimanche matin par le président Hassan Rohani, qui a souhaité que l'Iran explique mieux ses activités nucléaires pour empêcher des personnes "mal intentionnées" de tromper l'opinion internationale.
"Ce que nous pouvons offrir au monde, c'est une plus grande transparence", a-t-il dit.
L'Iran s'est engagé à cesser ses activités nucléaires les plus sensibles, comme l'enrichissement de l'uranium à 20%, dans l'accord de Genève du 24 novembre. La mise en oeuvre de ce compromis, en janvier, a ouvert une période de six mois pendant laquelle l'Iran et le P5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni, Allemagne) doivent chercher à régler définitivement le contentieux nucléaire qui les oppose depuis dix ans.
Les discussions sur un accord définitif, préparées ces dernières semaines par des réunions d'experts, démarreront mardi à Vienne par un dîner de travail entre Catherine Ashton, haute représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères, qui représente les grandes puissances, et le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif.
Abbas Araghchi, l'un des principaux négociateurs iraniens sur le nucléaire, a déclaré dimanche, cité par l'agence Irna, que l'Iran était prêt à discuter de tous les points du programme nucléaire afin de parvenir à un règlement "rapide".
(Jean-Stéphane Brosse pour le service français)
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