Paris défend le traité transatlantique de libre-échange
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PARIS (Reuters) - La ministre française du Commerce extérieur a défendu mardi le principe d'un accord de libre-échange entre l'Europe et les Etats-Unis, dénoncé par les eurosceptiques de tous bords, qui en ont fait un argument de campagne pour les élections européennes.
Interpellé lors des questions d'actualité à l'Assemblée nationale sur les négociations en cours entre l'Union européenne et Washington, Fleur Pellerin a cependant plaidé pour plus de transparence et juré que la France veillerait à ce que certaines lignes rouges ne soient pas franchies.
"Nous avons des choses à gagner dans un bon traité", a-t-elle déclaré. "Notre économie a à y gagner et ça veut dire des investissements et des emplois en France, et c'est cela qu'il nous faut défendre dans les négociations."
Elle a rappelé que les marchés publics américains étaient aujourd'hui fermés à 50% aux entreprises européennes, alors que les marchés publics européens "sont ouverts quasiment à 100%".
Elle a aussi rappelé que les Etats-Unis imposaient à l'heure actuelle jusqu'à 139% de droits de douanes sur les fromages français et qu'il était pratiquement impossible à un exportateur de pommes et de poires de pénétrer le marché américain en raison de procédures "extrêmement longues et coûteuses".
"Bien sûr, il y a des lignes rouges et celles-là nous les défendons aussi", a ajouté Fleur Pellerin.
Elle a ainsi promis que la France veillerait à ce que le mécanisme d'arbitrage, prévu par le mandat de négociation de la Commission européenne, préserve ses intérêts et ceux de l'UE.
"Si ce n'est pas le cas, eh bien tout simplement nous le refuserons", a déclaré la ministre, qui a souligné que les Parlements nationaux auraient in fine à se prononcer dans le cadre de la procédure de ratification du futur traité.
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La France rejettera également toute remise en cause des normes européennes phytosanitaires, de santé publique et de protection des consommateurs, a-t-elle ajouté. Selon elle, le futur traité doit au contraire permettre protéger davantage les appellations au bénéfice des producteurs locaux.
EXIGENCE DE TRANSPARENCE
La France exigera également "un maximum de transparence" des négociations, a-t-elle par ailleurs promis.
Le Parti socialiste demande la publication du mandat de négociation de la Commission, ce que les Etats-Unis refusent pour l'instant au nom de la protection de leurs intérêts.
Fleur Pellerin a annoncé qu'elle réunirait le 16 juin, c'est-à-dire trois semaines après les élections européennes, un comité stratégique de suivi constitué de parlementaires de toutes sensibilités et de personnalités qualifiées.
Elle sera entendue le lendemain par la commission des affaires étrangères de l'Assemblée et a dit se mettre aussi à la disposition des autres commissions compétentes du Parlement.
Elle rencontrera le 20 juin des organisations non gouvernementales et des représentants de la société civile "pour une consultation et une information des associations, qui expriment un certain nombre d'inquiétudes".
La présidente du Front national Marine Le Pen, dont le parti est donné en tête du scrutin de dimanche prochain en France, veut constituer au Parlement européen une coalition avec les autres eurosceptiques pour s'opposer au futur traité.
A l'autre extrême, le Parti de gauche estime que le futur accord transatlantique livrera la France et l'UE aux intérêts économiques et stratégiques des Etats-Unis en s'exonérant de toute règle écologique et sociale.
L'un de ses leaders, Jean-Luc Mélenchon, n'a de cesse de dénoncer un projet qui entraînerait, selon lui, une "régression sans précédent" des droits sociaux des travailleurs européens.
Mais des voix s'élèvent aussi au sein de la majorité et plus particulièrement du Parti socialiste, pour exprimer de vives réserves sur les négociations en cours et leur objet.
Le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, appelle ainsi de ses voeux une suspension des négociations avec Washington en cas de victoire des sociaux-démocrates européen et donc de changement de majorité au Parlement de Strasbourg.
"Il est difficile de continuer les négociations sur le traité de libre-échange transatlantique alors que la Commission va changer", a-t-il ainsi récemment déclaré à Reuters.
(Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)
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