En Grèce, la victoire de Syriza peut compliquer les réformes
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En Grèce, la victoire de Syriza peut compliquer les réformes
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par Karolina Tagaris et Deepa Babington
ATHENES (Reuters) - Fort d'une victoire qu'il qualifie d'"historique" aux élections européennes de dimanche, Syriza, le parti de la gauche radicale grec, peut espérer freiner la mise en oeuvre des réformes impopulaires liées au plan d'aide international accordé à Athènes.
Avec 26,6% des voix après dépouillement de 90% des voix, Syriza ne dispose toutefois que d'un peu moins de quatre points d'avance sur Nouvelle démocratie (22,7%), le parti du Premier ministre Antonis Samaras, une marge trop faible pour justifier un changement de gouvernement, ce que les marchés ont accueilli avec soulagement, la Bourse d'Athènes gagnant plus de 1% tandis que les rendements des obligations d'Etat grecques refluaient.
Les investisseurs apprécient principalement la perspective de voir la coalition au pouvoir rester en place le temps nécessaire pour négocier un nouvel allègement du fardeau de la dette avant la fin de cette année.
Mais d'ici là, Syriza est bien décidé à rendre la vie difficile au gouvernement Samaras, qui ne dispose que de deux sièges de majorité au parlement.
Son chef de file, Alexis Tsipras, a ainsi exigé la tenue d'élections législatives anticipées, jugeant que le parlement actuel avait perdu sa légitimité dimanche et ajoutant qu'Antonis Samaras devrait le consulter avant de nommer le prochain gouverneur de la banque centrale en juin.
"Ce parlement n'a aucun droit légitime à adopter des décisions cruciales qui engagent le pays et le peuple pour les années à venir", a-t-il dit à la presse après avoir été reçu par le président de la République lundi matin.
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Athènes doit encore engager plusieurs réformes importantes, notamment celle des retraites, pour obtenir le feu vert au versement des dernières aides de l'Union européenne et du Fonds monétaire international (FMI), et disposer d'arguments justifiant un allègement de la dette publique.
Outre sa victoire aux européennes, Syriza a également remporté le poste de gouverneur de la région d'Athènes, ce qui lui assure un droit de regard sur certains grands projets de privatisation auxquels il s'oppose. Celle qui occupera le poste, Rena Dourou, a parlé lundi de "victoire de David contre Goliath".
INCERTITUDE JUSQU'À LA PRÉSIDENTIELLE
Dans ce contexte, les bailleurs de fonds de la Grèce pourraient se montrer plus conciliants lors des discussions attendues à l'automne sur la réduction du fardeau de la dette, afin de ne pas compromettre l'avenir du gouvernement actuel, a dit un responsable européen proche des discussions avec Athènes.
"Le résultat des élections pourrait assouplir la position des créanciers lors des discussions sur l'allégement de la dette", a-t-il dit.
Le fait que Nouvelle démocratie et le Pasok, le parti socialiste grec et principal partenaire de ND dans la coalition, affichent un score combiné supérieur à celui de Syriza écarte aux yeux de certains analystes le risque d'élections anticipées avant la campagne présidentielle du début de l'an prochain.
La constitution grecque prévoit une dissolution du parlement si aucun candidat à la présidence ne parvient à réunir 180 députés sur son nom, un chiffre sur lequel Antonis Samaras est loin de pouvoir compter.
Pour les observateurs, si le Premier ministre ne parvient pas à nouer des alliances avant la présidentielle, il pourrait faire le choix de provoquer des législatives anticipées à la fin de cette année en espérant bénéficier alors de l'amélioration de la situation économique.
"Le résultat des élections (européennes) ne dégage pas l'horizon pour la présidentielle du printemps", reconnaît le responsable européen. "Cela crée de l'incertitude et cela pourrait nuire aux investissements en Grèce."
Antonis Samaras devrait dans un premier temps remanier son gouvernement, en décidant notamment du sort du ministre des Finances, Yannis Stournaras, qui pourrait être nommé à la tête de la banque centrale, explique-t-on de sources gouvernementales.
"Le remaniement ne va pas se faire immédiatement, ce n'est pas une question de jours ou de semaines", a dit l'une d'elles, qui a requis l'anonymat.
(avec Harry Papachristou,, George Georgiopoulos, Angeliki Koutantou et Renee Maltezou; Marc Angrand pour le service français, édité par Jean-Stéphane Brosse)
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