La Belgique menacée d'une nouvelle crise politique
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par Philip Blenkinsop et Robert-Jan Bartunek
BRUXELLES (Reuters) - Les séparatistes flamands de la N-VA sont les grands gagnants des élections fédérales belges de dimanche, qui risquent d'ouvrir une nouvelle et longue période de blocage en l'absence de coalition capable de former un nouveau gouvernement.
Après dépouillement d'environ 80% des suffrages, la N-VA (Nieuw-Vlaamse Alliantie, Nouvelle alliance flamande) était créditée de près de 33% des voix en Flandre, où vivent 60% des Belges, ce qui la place en tête loin devant les démocrates-chrétiens, les socialistes et les libéraux.
Ce mouvement dirigé par Bart De Wever, qui avait fait un score de 28,2% en Flandre en 2010, propose notamment de réduire les compétences du gouvernement fédéral pour faire de la Belgique une simple confédération dans laquelle les régions disposeraient de l'essentiel des pouvoirs.
De leur côté, les socialistes emmenés par le Premier ministre Elio di Rupo devraient rester la première force politique en Wallonie, malgré un score en baisse à environ 30%.
La N-VA devrait logiquement se voir confier par le roi Albert II la mission de conduire des pourparlers en vue de la formation d'une nouvelle coalition, ce qui implique de trouver des alliés côté francophone.
Selon le système électoral belge, la formation d'un gouvernement nécessite une alliance entre au moins quatre partis, deux flamands et deux wallons. Or il semble improbable que les socialistes et la N-VA, qui a défendu pendant la campagne un programme ultra-libéral, puissent trouver aisément un terrain d'entente.
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ELIO DI RUPO ESPÈRE CONTINUER
"Le verdict des démocraties flamande et francophone n'a jamais été aussi divisé", a déclaré Bart De Wever dimanche soir à Bruxelles. "Nous ne voulons pas d'une crise politique prolongée, donc nous voulons aussi prendre l'initiative de voir ce qui peut être fait au niveau fédéral."
Elio di Rupo a déclaré de son côté espérer qu'il serait "possible de former rapidement une majorité gouvernementale pour aller de l'avant".
En 2010, la victoire de la N-VA en Flandre avait déclenché une crise politique privant le pays de gouvernement fédéral pendant 541 jours.
"La probabilité d'une nouvelle crise aujourd'hui est moindre parce que si la N-VA est trop exigeante, il sera toujours possible de continuer avec le gouvernement actuel", estime Philippe Ledent, économiste de la banque ING.
Le gouvernement d'Elio di Rupo est soutenu par une coalition de six partis regroupant socialistes, libéraux et chrétiens-démocrates des deux communautés du pays, soit les six principaux partis du royaume.
Et le score conjugué de ces six partis est à peu près stable, ce qui donne des arguments au gouvernement actuel pour rester en place.
Près de huit millions de Belges étaient appelés à voter ce dimanche, simultanément pour les élections fédérales et les élections européennes, au lendemain de l'attentat commis au Musée juif de Bruxelles, qui a fait trois morts et un blessé grave.
Les résultats suggèrent que la progression de la N-VA s'est faite entre autres aux dépens du Vlaams Belang, la formation d'extrême-droite indépendantiste et anti-immigration.
(Philip Blenkinsop; Marc Angrand pour le service français)
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