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La société Bygmalion accuse l'UMP de fausses facturations en 2012

reuters.com

Publié le 26 mai 2014 à 14:56 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 14:11

La société Bygmalion accuse l'UMP de fausses facturations en 2012

La société Bygmalion accuse l'UMP de fausses facturations en 2012

reuters.com

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PARIS (Reuters) - La société Bygmalion, au coeur de l'enquête sur des malversations présumées à l'UMP en 2012, a été soumise à "un chantage" pour établir des fausses factures d'un montant de 11 millions d'euros afin de masquer les dépassements de frais de campagne de Nicolas Sarkozy, a annoncé lundi son avocat.

Me Patrick Maisonneuve a lâché une bombe à la veille du bureau politique de l'UMP, au cours duquel Jean-François Copé a promis de faire toute la transparence sur les comptes du parti.

Il a affirmé que plusieurs meetings du président sortant avaient été indûment facturés sous l'intitulé "conventions" pour "un montant approximatif de 11 millions" d'euros.

Les factures étaient "imputées à l'UMP, alors qu'elles auraient dû l'être à l'association de financement de la campagne du candidat, M. Sarkozy, en 2012" pour "éviter des dépassements probablement de comptes de campagne".

"Bygmalion est intervenue dans le cadre de meetings qui ont été facturés avec un habillage fait à la demande de l'UMP", a-t-il indiqué.

"On parle de 'l'affaire Bygmalion', c'est plutôt l'affaire des comptes de campagne du candidat Sarkozy", a dit l'avocat de Bygmalion lors d'une conférence de presse.

"Il s'agit de véritables prestations, il s'agit des meetings du candidat mais il ne s'agissait pas de conventions de l'UMP. C'est en ce sens qu'on peut dire qu'il s'agit de fausses factures", a-t-il poursuivi, sans préciser le nombre de réunions publiques concernées.

La société de communication, fondée par deux proches de Jean-François Copé, Bastien Millot et Guy Alves, "était sous une contrainte économique", a-t-il expliqué. "Soit Bygmalion acceptait cet habillage, soit Bygmalion n'était pas payée".

Des perquisitions ont eu lieu lundi à l'UMP et dans les locaux de Bygmalion, notamment, a-t-on appris de source judiciaire.

"A EUX DE DIRE QUI A FAIT QUOI"

Me Maisonneuve s'est refusé à désigner les coupables présumés, soulignant qu'il incombait désormais à l'UMP et à l'ex-équipe de campagne de Nicolas Sarkozy - Jean-François Copé était alors secrétaire général de l'UMP - de prendre leurs responsabilités.

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Prié de dire pourquoi les responsables de Bygmalion - qui "lâchent" Jean-François Copé tout en le dédouanant partiellement ("Bygmalion n'a pas financé M. Copé ni à titre personnel ni sur le plan politique") - avaient choisi de révéler ces informations à un moment crucial, l'avocat a répondu : "On n'a pas décelé un enthousiasme absolument évident en ce qui concerne des décisions politiques à venir, donc on a décidé de ne pas attendre".

"A eux de dire qui a fait quoi et qui a pris la décision. Il y a un bureau politique demain matin", a dit Me Patrick Maisonneuve.

Guillaume Lambert, chef de cabinet de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, dirigeait la campagne présidentielle de 2012, secondé par Jérôme Lavrilleux, le bras droit de Jean-François Copé à la direction de l'UMP. Eric Cesari, directeur général des services de l'UMP, veillait également à la gestion de la campagne.

Le Conseil constitutionnel avait invalidé en juillet 2013 les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy, déjà contestés par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), ce qui privait l'UMP du remboursement par l'Etat de quelque dix million d'euros.

Les plafonds des dépenses électorales s'établissaient en 2012 à 16,851 millions d'euros pour le premier tour et à 22,509 millions d'euros pour le second.

Le Conseil constitutionnel avait évalué que le montant des dépenses électorales du candidat UMP excédait de 466.118 euros, soit 2,1%, le plafond autorisé.

L'UMP avait alors lancé avec succès une souscription, baptisée le "Sarkothon", pour permettre au parti de rembourser quelque 11 millions d'euros aux banques créancières. Nicolas Sarkozy avait exprimé sa "reconnaissance" aux militants pour leur mobilisation.

(Sophie Louet, édité par Yves Clarisse)

reuters.com

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