Le président colombien Juan Manuel Santos en ballottage
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par Brian Ellsworth
BOGOTA (Reuters) - Le président colombien Juan Manuel Santos et son rival de droite Oscar Ivan Zuluaga sont au coude à coude dimanche au soir du premier tour de l'élection présidentielle la plus serrée de l'histoire du pays ces 20 dernières années.
Un second tour dont l'issue sera sans doute décisive pour la poursuite des négociations entamées avec les guérilleros marxistes des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) les opposera le 15 juin.
Après dépouillement dans un quart environ des bureaux de vote, Zuluaga est en tête avec 29,17% des suffrages contre 27,26% pour le président sortant.
L'élection a pris des allures de référendum sur la stratégie mise en oeuvre par Santos pour mettre fin à la guérilla entamée il y a un demi-siècle et dont le bilan s'élève à 200.000 morts.
Oscar Ivan Zuluaga s'oppose à la négociation et prône la relance de la politique de fermeté menée par son mentor, l'ancien président Alvaro Uribe, avec l'appui des Etats-Unis.
La campagne a été marquée par des soupçons d'espionnage électronique et de financement illicite lié au trafic de drogue.
Uribe a rompu avec Santos lorsque ce dernier a opté pour la négociation, après huit ans d'une dure répression militaire qui a coûté la vie à plusieurs chefs de file des Farc et qui a divisé par deux les effectifs du mouvement marxiste, désormais évalués à 8.000 hommes.
Les discussions, qui se déroulent à Cuba, ont porté leurs fruits sur trois des cinq points retenus par les deux camps. Les Farc ont notamment accepté récemment de renoncer au trafic de drogue.
Zuluaga reste toutefois convaincu que le processus est voué à l'échec, tout comme les trois précédentes tentatives menées depuis les années 1980. Celle qui a abouti à l'accord de paix de 1999 avait permis au mouvement de recruter et de s'impliquer davantage dans le narcotrafic.
Beaucoup de Colombiens jugent inacceptables que des guérilleros accusés de crimes contre l'humanité puissent bénéficier d'une amnistie ou se reconvertir dans la politique.
Zuluaga, qui a fait campagne en compagnie d'Uribe, n'a cessé de rappeler que la politique de fermeté menée par ce dernier avait conduit à un recul de l'insécurité sans précédent depuis le début de la guérilla, en 1964.
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(Avec Julia Symmes Cobb; Jean-Philippe Lefief et Henri-Pierre André pour le service français)
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