Accord sur le nucléaire iranien improbable d'ici la fin juillet
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Accord sur le nucléaire iranien improbable d'ici la fin juillet
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par Louis Charbonneau et Parisa Hafezi
NEW YORK/ANKARA (Reuters) - Il est de moins en moins probable qu'un accord définitif sur le nucléaire iranien puisse être conclu entre Téhéran et le groupe P5+1 d'ici la date butoir du 20 juillet, estiment diplomates et analystes.
Théoriquement, une prolongation des discussions, déjà évoquée, ne devrait poser aucun problème si les deux parties en conviennent.
Mais le président américain Barack Obama devra obtenir le consentement des parlementaires alors que les relations entre son administration et le Congrès sont tendues, à cinq mois des élections de mi-mandat. Même si cet accord du Congrès est probable, le dossier pourrait donner lieu à de sérieuses passes d'armes.
Le P5+1 (Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, Russie, Chine et Allemagne) et l'Iran ont conclu le 24 novembre dernier à Genève un accord provisoire sur une réduction du programme nucléaire de la République islamique en échange d'un assouplissement des sanctions internationales contre Téhéran.
Ils s'étaient fixé la date du 20 juillet prochain pour parvenir à un accord définitif, avec possibilité de prolonger les négociations pour au maximum six mois.
Lors de la dernière session de discussions en date, le mois dernier à Vienne, l'Iran, soupçonné de vouloir se doter de l'arme nucléaire, a affiché sa volonté de conserver un nombre de centrifugeuses, qui servent à enrichir l'uranium, bien supérieur à ce que les Occidentaux sont prêts à accepter.
Les deux parties se sont accusées d'"irréalisme" et le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, a estimé que ses interlocuteurs se montraient trop exigeants.
L'AVENIR DES RÉFORMES EN IRAN EST EN JEU
La prochaine session de négociations aura lieu du 16 au 20 juin, toujours dans la capitale autrichienne. De nombreux diplomates occidentaux jugent qu'une décision de prolonger les pourparlers est probable.
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"Nos positions sont toujours très éloignées, les discussions seront longues et difficiles", a déclaré un diplomate.
Pour le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Romain Nadal, la priorité est de parvenir à un bon accord, quitte à se donner encore du temps.
"Une prolongation des discussions pendant quelques mois, disons jusqu'en octobre, ne tuera personne", a estimé pour sa part un responsable iranien, qui a souligné la nécessité pour Téhéran de se libérer rapidement des sanctions.
La République islamique juge indispensable de conserver des capacités d'enrichissement de l'uranium afin de faire fonctionner ses centrales nucléaires sans avoir à s'en remettre à des fournisseurs étrangers.
Personne n'a intérêt à voir les négociations échouer, explique Gary Samore, de l'université de Harvard, qui fut spécialiste du dossier nucléaire au sein du Conseil de sécurité nationale lors du premier mandat de Barack Obama.
"Malgré de fortes oppositions à Washington comme à Téhéran, je pense que personne ne peut prendre le risque d'être accusé d'avoir fait capoter les discussions", dit-il.
Un échec affaiblirait le président iranien Hassan Rohani, élu l'an dernier et considéré comme un pragmatique, au profit des "faucons" du régime de Téhéran.
"Rohani a mis tous ses oeufs dans le même panier. Un échec des négociations signifierait un échec des réformes en Iran", estime un responsable iranien de l'entourage du président.
(Avec Patricia Zengerle, Arshad Mohammed, Fredrik Dahl, Ari Rabinovitch, Justyna Pawlak et John Irish; Guy Kerivel pour le service français)
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