Nouveaux chantiers dans les colonies juives de Cisjordanie
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JÉRUSALEM (Reuters) - Israël a annoncé jeudi des projets de construction de 3.000 logements dans les colonies juives de Cisjordanie, en réplique à la formation la semaine dernière d'un gouvernement palestinien d'union soutenu par le Hamas.
Le ministre israélien du Logement, Uri Ariel, a dans un premier temps annoncé la mise en chantier prochaine de 1.500 logements. L'appel d'offres a été lancé après l'investiture de ce "gouvernement terroriste", a-t-il dit sur Radio Israël, sans préciser où seraient construits les logements en question.
Selon la presse israélienne, ils seront répartis dans sept colonies, dont certaines se trouvent à Jérusalem-Est.
On a ensuite appris de source politique autorisée que le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, avait aussi ordonné la reprise d'un projet de 1.500 autres logements dans les colonies.
"Quand l'Etat d'Israël est insulté, il doit réagir", a déclaré Uri Ariel, membre du Foyer juif, parti religieux d'extrême droite. Prié de dire de qui émane l'insulte, le ministre a répondu : "De nos voisins et, d'une certaine façon, du monde entier."
Un porte-parole de Mahmoud Abbas a indiqué que le nouveau gouvernement palestinien "allait réagir à ces nouveaux projets de peuplement d'une manière sans précédent". Il n'a pas précisé ce que cela signifiait.
Washington a aussi critiqué cette mesure. "Comme nous le disons de manière constante, ce genre d'initiative est contre-productive pour parvenir à une solution à deux Etats. Nous continuons de considérer la colonisation comme illégitime et nous appelons les deux parties à cesser de recourir à des actions pénalisantes", a dit Marie Harf, porte-parole du département d'Etat.
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Le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, a "déploré" cette nouvelle initiative de l'Etat hébreu, ce que la France a aussi fait.
Mercredi, le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, a annoncé que les Etats-Unis allaient coopérer "dans la mesure de leurs besoins" avec le nouveau gouvernement palestinien, tout en veillant au respect des engagements de l'Autorité palestinienne vis-à-vis d'Israël.
"ERREUR DIPLOMATIQUE"
La ministre israélienne de la Justice, la centriste Tzipi Livni, négociatrice en chef avec les Palestiniens, a présenté sur Radio Israël les nouveaux appels d'offres comme "une erreur diplomatique de plus". Il sera désormais plus difficile de mobiliser le monde contre le Hamas, a-t-elle estimé.
La décision israélienne a été condamnée par la France qui a appelé les deux parties à la retenue.
"La France rappelle en effet que la colonisation est illégale au regard du droit international et qu'elle constitue un obstacle à une paix juste fondée sur la solution des deux États", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Romain Nadal, lors d'un point de presse.
"Alors que tous les efforts devraient être déployés pour assurer la reprise des négociations en vue d'un règlement définitif du conflit, elle appelle toutes les parties à éviter tout geste susceptible de nuire à cet objectif", a-t-il ajouté.
Israël a suspendu sa participation aux négociations de paix fin avril après la signature d'un accord de réconciliation entre l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) de Mahmoud Abbas et le Hamas au pouvoir à Gaza, considéré par Israël comme un "groupe terroriste".
(Jeffrey Heller avec Ali Sawafta à Ramallah et Marine Pennetier à Paris; Jean-Philippe Lefief et Guy Kerivel pour le service français)
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