Un homme de droite, Reuven Rivlin, élu président d'Israël
reuters.com

Pas de successeur trouvé à Shimon Peres au premier tour
reuters.com
reuters.com

Pas de successeur trouvé à Shimon Peres au premier tour
reuters.com
par Jeffrey Heller
JERUSALEM (Reuters) - Reuven Rivlin, député de droite hostile à la création d'un Etat palestinien, a été élu mardi président d'Israël, fonction essentiellement honorifique à laquelle il succédera à Shimon Peres, dont le mandat de sept ans s'achève en juillet.
Cet ancien président du parlement, membre du Likoud du Premier ministre Benjamin Netanyahu, a rallié au second tour de scruitn le soutien de 63 députés, contre 53 à l'autre candidat, le centriste Meir Sheetrit, du parti Hatnuah.
Aucun des cinq candidats en lice au premier tour n'avait réussi à atteindre le seuil de la majorité, soit 61 des 120 sièges à la Knesset, le parlement monocaméral. Reuven Rivlin avait obtenu le soutien de 44 députés et Meir Sheetrit celui de 31 au premier tour.
Shimon Peres a accédé à la présidence en 2007 après le retrait de Moshe Katsav, lequel a été reconnu coupable de viol en 2010 et purge une peine de sept ans d'emprisonnement.
Bien que les chefs d'Etat israéliens ne soient pas directement impliqués dans les prises de décision, Shimon Peres, lauréat du prix Nobel de la paix, a profité de sa fonction pour se faire l'avocat de la paix avec les Palestiniens, adoptant fréquemment une position plus modérée que Benjamin Netanyahu.
Contrairement à Shimon Peres, Reuven Rivlin préconise la création d'une confédération avec les Palestiniens plutôt que des négociations sur leur accession à l'indépendance.
Malgré son opposition à l'idée d'un Etat palestinien, Reuven Rivlin avait obtenu le soutien du journal de gauche Haaretz, qui rappelait, dans un éditorial publié à la veille du scrutin, qu'il défendait de longue date la coopération entre Juifs et Arabes.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Dans une interview accordée en mai au site internet du journal The Times of Israel, il promettait que, en cas d'élection à la présidence, il ne chercherait pas à s'immiscer dans les décisions de la classe politique sur le processus de paix et les autres dossiers.
FÉLICITATIONS DE NETANYAHU
Retenant ses larmes lors de la cérémonie à la Knesset, Reuven Rivlin, qui est né à Jérusalem, a fait écho à cet engagement, en déclarant devant les députés : "La confiance que vous avez placée en moi, aujourd'hui, venant de tous les horizons politiques de cette chambre, m'oblige désormais à mettre de côté ce qui a fait mon engagement politique."
Agé de 74 ans, celui qui va devenir le dixième président de l'Etat d'Israël cultive une réputation d'indépendance et passe pour entretenir des rapports difficiles avec le chef du gouvernement.
En mai, Benjamin Netanyahu avait lancé un ballon d'essai en demandant à ses conseillers de sonder leurs collègues du gouvernement sur une éventuelle suspension de l'élection du chef de l'Etat et sur l'opportunité de réfléchir à la nécessité de la fonction présidentielle, déclare-t-on de sources politiques.
Selon certains analystes politiques, Benjamin Netanyahu craignait une victoire de Reuven Rivlin, de nature à fragiliser sa position lors des prochaines élections législatives.
Cela n'a pas empêché Benjamin Netanyahu de le féliciter à la Knesset, en invoquant leur combats communs au sein de la droite israélienne.
"Je sais que vous ferez tout votre possible pour accomplir la double mission consistant à unifier la nation et à faire preuve d'unité face aux défis extérieurs", a dit Netanyahu en ajoutant ceci : "Je promets, en tant que Premier ministre venant du même horizon politique, de coopérer avec vous."
La campagne pour l'élection du 10e président d'Israël a été entachée de rumeurs de tricheries et par des calomnies.
Un candidat en vue, le travailliste Binyamin Ben-Eliezer, s'est retiré de la course samedi après avoir été interrogé par la police sur des pratiques financières douteuses. Il a nié toute malversation et a dit avoir été "délibérément visé" par ses ennemis qui voulaient réduire à néant ses ambitions présidentielles.
Voici plusieurs semaines, un autre espoir de la présidentielle avait décidé de ne pas se présenter, les autorités ayant ouvert sur lui - et refermé par la suite - une enquête pour crimes sexuels.
(Eric Faye pour le service français)
reuters.com