Procès sous tension après le naufrage du Sewol en Corée du Sud
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Procès sous tension après le naufrage du Sewol en Corée du Sud
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par Ju-min Park
GWANGJU Corée du Sud (Reuters) - Le procès du capitaine et de quatorze autres membres d'équipage du Sewol, le ferry sud-coréen dont le naufrage a fait plus de 300 morts en avril, s'est ouvert mardi dans une atmosphère tendue à Gwangju.
Des bancs du public, un cri "assassin" a fusé lorsque le capitaine Lee Joon-seok, âgé de 68 ans, est entré dans la salle d'audience.
Une altercation a opposé des parents de victimes à des agents de sécurité qui tentaient de retirer une pancarte sur laquelle était inscrit: "Vous n'êtes pas humains, vous êtes moins que des animaux."
Lee Joon-seok et trois autres officiers de bord sont poursuivis pour homicide; ils sont passibles de la peine de mort. Deux autres membres d'équipage, jugés pour abandon de navire, risquent la réclusion criminelle à perpétuité. Les neuf autres comparaissent pour négligence.
Pour de nombreuses familles de victimes, des enfants pour la plupart, la culpabilité des accusés est incontestable. Un enregistrement vidéo les montre abandonnant le navire tandis que les enfants, obéissant aux instructions données par l'équipage, s'étaient calfeutrés dans leurs cabines en attendant de nouvelles consignes.
Le ferry, qui effectuait, surchargé et à une vitesse excessive, la liaison entre Incheon et l'île de Jeju, a coulé le 16 avril au large des côtes sud-ouest du pays. Sur ses 476 passagers et membres d'équipage, 339 étaient des enfants et des enseignants du même établissement de la banlieue de Séoul. Au total, seuls 172 passagers et membres d'équipage ont été sauvés. Les autres sont morts ou déclarés morts.
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UN PROCHE DES VICTIMES INTERPELLE LES ACCUSÉS
Des membres des familles de victimes avaient pris place dans la salle du tribunal de Gwangju, ville la plus proche du lieu du naufrage. Les 15 personnes en procès sont en détention depuis leur inculpation, en mai.
Un proche des victimes, s'exprimant au nom des autres au début de l'audience, a imploré les accusés de dire toute la vérité.
"Auriez-vous fait la même chose s'il s'était agi de vos enfants? Je vous en prie, imaginez un moment que ce sont les vôtres qui ont péri, et dites-nous la vérité."
Les autorités sud-coréennes recherchent toujours Yoo Byung-un, chef de la famille à qui appartient l'opérateur du ferry, pour un détournement de fonds qui a sans doute été à l'origine des négligences constatées en matière de sécurité.
La police a arrêté plusieurs cadres de l'opérateur du ferry et de filiales de la société d'investissement de la famille Yoo, mais ils n'ont pas encore été traduits devant la justice. La garde-côte sud-coréenne, qui doit être restructurée, fait elle aussi l'objet d'une enquête pour négligence lors des opérations de secours.
La présidente Park Geun-hye a proposé le nom d'un ancien journaliste, Moon Chang-geuk, pour le poste de Premier ministre, en remplacement de son prédécesseur Chung Hong-won qui a démissionné en s'excusant de la lenteur et du manque d'efficacité de la réponse apportée par l'Etat à la catastrophe. Il incombera au nouveau chef du gouvernement de s'attaquer à la bureaucratie et de réviser les normes de sécurité en vigueur, comme s'y est engagée la présidente.
(Henri-Pierre André et Eric Faye pour le service français)
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