Hassan Rohani envisage de coopérer avec les USA en Irak
reuters.com
reuters.com
ANKARA (Reuters) - Le président iranien Hassan Rohani s'est dit prêt samedi à envisager de coopérer avec Washington pour lutter contre les djihadistes de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) et à aider le gouvernement de Bagdad s'il en fait la demande.
Téhéran "peut songer" à travailler avec les Etats-Unis, ennemis jurés de la République islamique, "si l'Amérique lutte contre les groupes terroristes en Irak et ailleurs", a souligné Hassan Rohani lors d'une conférence de presse retransmise en direct par la télévision d'Etat.
Le président iranien faisait probablement allusion à la Syrie, où Téhéran est engagé aux côtés du régime de Bachar al Assad face aux rebelles soutenus par les pays occidentaux et aux djihadistes de l'EIIL.
"Nous devons tous combattre les groupes terroristes en paroles et en actes", a-t-il insisté.
Hassan Rohani a assuré que son pays était prêt à aider le gouvernement irakien du chiite Nouri al Maliki "dans le cadre du droit international" mais il a ajouté que celui-ci n'avait pour l'instant pas sollicité l'aide de Téhéran pour repousser l'offensive des insurgés sunnites.
"L'Iran défendra son territoire si des groupes terroristes menacent sa sécurité", a-t-il ajouté.
Le déploiement de forces armées iraniennes sur le territoire irakien paraît peu probable comme l'a laissé entendre le chef de l'Etat iranien. "L'Iran n'a jamais déployé aucune force en Irak et il est très improbable que cela se produise un jour", a-t-il dit.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

LES SAOUDIENS PRENNENT LEURS DISTANCES
Des diplomates occidentaux soupçonnent la République islamique d'avoir par le passé dépêché des Gardiens de la révolution, corps d'élite de l'armée iranienne, pour entraîner et conseiller l'armée irakienne et les milices qu'elle contrôle.
"Soutenir le gouvernement irakien et la nation irakienne ne veut pas dire envoyer des soldats en Irak. Cela veut dire condamner les actes terroristes et fermer et garantir la sécurité de nos frontières communes", a dit le ministre iranien de l'Intérieur, Abdolreza Rahmani Fazli, cité par l'agence de presse Fars.
Rohani a précisé n'être informé d'aucun plan imaginé par Washington, ni d'une quelconque demande d'aide irakienne aux Etats-Unis.
Sans citer aucun pays du Golfe, le président iranien s'est interrogé sur les éventuels soutiens dont bénéficieraient les insurgés sunnites irakiens.
"D'où vient l'EIIL ? Qui finance ce groupe terroriste ? Nous avons mis tout le monde en garde, y compris l'Occident, contre le risque de financer un tel groupe terroriste", a-t-il dit.
L'Arabie saoudite, qui appuie certaines factions sunnites dans la guerre civile en Syrie, a reconnu le mois dernier que l'EIIL était une organisation terroriste.
D'autres Etats du Golfe ont démenti tout soutien à l'EIIL, rappelant que cette organisation était en lutte contre d'autres factions sunnites opposées au pouvoir de Bachar al Assad soutenu par les chiites du Hezbollah libanais et d'Iran.
Les djihadistes sunnites de l'EIIL ont notamment pris le contrôle de la province irakienne de Diyala, frontalière avec l'Iran.
Des dirigeants iraniens avaient déjà proposé ces derniers jours d'apporter une aide militaire à Bagdad et envisagé une coopération avec les Etats-Unis pour enrayer la progression des insurgés vers Bagdad.
(Parisa Hafezi; Tangi Salaün et Pierre Sérisier pour le service français)
reuters.com