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L'Etat tente de faire monter les enchères dans le dossier Alstom

reuters.com

Publié le 17 juin 2014 à 08:31 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 14:06

Les offres sur Alstom doivent être améliorées, estime l'Elysée

Les offres sur Alstom doivent être améliorées, estime l'Elysée

reuters.com

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

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par Elizabeth Pineau et Benjamin Mallet

PARIS (Reuters) - Les offres de reprise de la branche énergie d'Alstom ou d'alliance avec le groupe français présentées par l'américain General Electric et son rival germano-nippon Siemens-Mitsubishi Heavy Industries doivent encore être améliorées, a estimé mardi l'Elysée.

Siemens a toutefois estimé que sa proposition commune avec MHI était la mieux-disante d'un point de vue financier, stratégique et social, et qu'il n'y avait donc pas de raison de l'améliorer.

Des sources proches de GE ont de leur côté indiqué que le groupe américain n'envisageait pas de relever son offre de 16,9 milliards de dollars (12,5 milliards d'euros), valable jusqu'au 23 juin, et qu'il n'entendait pas en prolonger la validité.

"Les discussions vont encore continuer cette semaine entre l'Etat et les différentes entreprises. Les offres doivent être améliorées. Tant qu'il sera possible, nous souhaitons qu'elles le soient", a-t-on déclaré à la présidence française après une rencontre entre François Hollande et les présidents de Siemens et MHI.

La présidence a également annoncé la poursuite des négociations, y compris avec l'américain GE, qui "doit revenir vers nous au cours des prochains jours", a dit un conseiller.

Dans ce dossier, l'Elysée continue d'afficher sa neutralité dans l'espoir d'obtenir davantage sur les trois critères qui lui tiennent à coeur : l'emploi, la localisation des activités et l'indépendance énergétique.

Le président du directoire du groupe allemand, Joe Kaeser, a opposé une fin de non recevoir à l'idée d'une amélioration de l'offre germano-nippone, qu'il juge acceptable en l'état.

"Pourquoi une offre qui est déjà supérieure devrait-elle être améliorée ? Il n'y a aucune raison pour le moment de discuter de cela", a-t-il dit lors d'une conférence de presse à Paris avec Mitsubishi.

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"Nous n'allons pas démanteler (Alstom), nous allons le rendre plus solide et plus puissant", a-t-il ajouté, rejetant ainsi le risque mis en avant par l'entourage d'Alstom et de GE ces derniers jours.

"À UN MOMENT, IL FAUT S'ARRÊTER"

Le PDG de MHI, Shunichi Miyanaga, a de son côté déclaré lors d'une audition à l'Assemblée nationale qu'il souhaitait une entrée de l'Etat français au capital d'Alstom au moins au même niveau que celui envisagé par le japonais, qui propose à Bouygues (29,3% du capital) de lui racheter jusqu'à 10% de la société.

Selon une source syndicale qui assistait mardi à une réunion avec le ministre de l'Economie Arnaud Montebourg, l'Etat envisage de prendre 10% ou plus du capital d'Alstom, via la Banque publique d'investissement (BPI), en cas d'alliance avec MHI et Siemens.

Le ministre des Finances, Michel Sapin, a dit mardi à Reuters qu'il n'était "pas au courant" d'une éventuelle prise de participation de 10% de l'Etat dans Alstom. La BPI n'a pas souhaité commenter ces informations.

Une source proche des discussions a quant à elle expliqué que rien n'était pour l'instant fixé et qu'une prise de participation publique était possible dans tous les scénarios.

Une source proche de GE a de son côté déclaré que le groupe américain "n'entrera pas dans une guerre de cash et ne changera pas non plus la date du 23 (juin)".

"Les points à négocier sont toujours les mêmes - comment renforcer les renouvelables, le nucléaire ou le ferroviaire - et GE est en train d'en discuter avec l'Etat. On peut toujours améliorer les offres mais, à un moment, il faut s'arrêter", a ajouté cette source.

Selon une source proche d'Alstom, l'offre de Siemens-MHI ne répond pas aux demandes du groupe français malgré la logique de partenariat défendue par le tandem, qui correspond a priori aux demandes du gouvernement français.

"Si le gouvernement entend par 'alliance' des prises de participations minoritaires dans des activités d'Alstom, ce n'est pas du tout ce que GE a en tête, ni ce que nous voulons faire", a estimé cette source.

Le comité ad hoc constitué par Alstom pour examiner l'offre de GE et celle de Siemens-MHI devrait annoncer sa préférence au conseil d'administration d'Alstom vendredi après-midi avant une décision du conseil qui interviendrait lundi au plus tard, a-t-on appris de même source.

"SÉDUIRE LE GOUVERNEMENT"

Les groupes allemand et japonais proposent sept milliards d'euros en numéraire pour reprendre certains actifs d'Alstom, mais aussi créer des coentreprises garantissant le maintien d'une importante présence du français dans l'énergie.

Ils font également valoir que leur offre représente une valorisation des activités énergie d'Alstom de 14,2 milliards d'euros en intégrant les actifs qui resteraient sous contrôle du groupe français, soit 1,9 milliard de plus que GE.

L'action Alstom a subi mardi la plus forte baisse de l'indice CAC 40, cédant 1,24% à 28,965 euros, des analystes jugeant l'offre de Siemens et MHI "complexe" par rapport à celle de GE.

"L'offre formelle de Siemens et MHI nous semble mieux-disante que celle de GE en VE (valeur d'entreprise, NDLR), mais proche en valorisation d'actif net, complexe sur le plan industriel et moins lisible en termes de gouvernance que celle de GE", a estimé dans une note Natixis qui dit favoriser l'offre du groupe américain.

"Nous sommes sceptiques", a pour sa part indiqué Aurel BGC. "L'offre de GE a le mérite de la clarté et de la cohérence, ce que devrait mettre en avant le 'board' d'Alstom (...) Mais l'offre de MHI-Siemens est conçue pour séduire le gouvernement et non pas le groupe français."

Joe Kaeser a cependant démenti l'idée d'une offre destinée à entraver les efforts de GE.

"Nous ne faisons pas une offre pour nuire à une autre entreprise ou à quelqu'un, nous voulons une offre qui soit constructive pour tous, pour Alstom, Mitsubishi et Siemens, et pour les salariés."

Alors que MHI s'engage à créer 1.000 emplois en France et que Siemens promet de former 1.000 jeunes en alternance dans le pays, la CFE-CGC a estimé dans un communiqué que la proposition du tandem permettait à Alstom "de préserver son intégrité".

(Avec Natalie Huet, Raoul Sachs, Yann Le Guernigou et Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse)

reuters.com

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