Abdullah Abdullah exige l'arrêt du dépouillement en Afghanistan
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par Praveen Menon et Jessica Donati
KABOUL (Reuters) - Abdullah Abdullah, ancien ministre afghan des Affaires étrangères et candidat à la présidence, a réclamé mercredi l'arrêt immédiat des opérations de dépouillement du second tour du scrutin présidentiel, disant n'avoir aucune confiance dans la commission électorale.
Cet ancien proche du commandant Ahmad Shah Massoud, arrivé en tête au premier tour avec 45% des voix environ, était opposé samedi à Ashraf Ghani, crédité de 32% environ début avril.
Les premières tendances donnent ce dernier en tête.
"Le dépouillement devrait cesser immédiatement, s'il se poursuit, il n'aura aucune légitimité", a dit Abdullah, qui a également suspendu toute coopération avec la commission électorale.
Aucune réaction n'a pu être obtenue dans l'entourage d'Ashraf Ghani mais l'ancien économiste passé par la Banque mondiale avait appelé ces derniers jours au respect du processus politique.
Alors que le transfert des urnes vers la capitale, Kaboul, est toujours en cours, Abdullah estime que les premiers résultats de même que des éléments recueillis par ses équipes apportent la preuve qu'une fraude massive est en cours.
"A ce compter de ce jour, nous proclamons que nous n'avons aucune confiance dans les entités chargées des élections. J'appelle tous nos observateurs à cesser de surveiller les opérations", a-t-il dit.
La Commission électorale indépendante a indiqué qu'elle allait continuer ses travaux de dépouillement et que l'équipe de campagne de Ghani demeurait impliquée dans le processus électoral.
TAUX ANORMALEMENT ÉLEVÉ
Une série de données brutes fournies à Reuters par un employé de la CEI montre que Ghani disposerait d'une avance de huit points d'indice soit environ un demi-million de suffrages.
Le taux de participation dans certaines zones paraît toutefois anormalement élevé, en particulier dans le sud-est à majorité pachtoune, atteignant quasiment 100% dans plusieurs provinces si on s'en réfère aux chiffres publiés par l'Institut central de la statistique pour 2012-2013.
Ce scrutin, qui doit désigner le successeur d'Hamid Karzaï, revêt une importance particulière puisque les Etats-Unis et l'Otan vont accélérer leur désengagement à la fin de l'année.
Il y a aujourd'hui 33.000 soldats américains en Afghanistan, auxquels s'ajoutent les 17.000 militaires détachés par d'autres pays sous le drapeau de l'Isaf, la Force internationale d'assistance à la sécurité sous commandement de l'Otan, dont la mission arrivera à son terme à la fin de l'année.
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Au plus fort de la présence militaire américaine, en 2011, le contingent était de 100.000 hommes. Après le retrait programmé pour la fin de l'année, il ne devrait plus en rester que 9.800, chargés de former les forces afghanes et de mener des opérations de contre-terrorisme. Fin 2016, les seuls soldats sur place seront chargés de la protection de l'ambassade.
Le retrait est suivi de très près par les taliban, qui se disent prêts à reprendre le pouvoir qu'ils ont exercé de 1996 à fin 2001.
Les pays étrangers soutenant l'Afghanistan redoutaient par-dessus tout que le vote débouche sur un résultat serré susceptible de fournir au candidat battu prétexte à contester la régularité du scrutin, au risque de rouvrir les fractures ethniques du pays.
(Henri-Pierre André pour le service français)
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