Brown, héros inattendu des opposants à l'indépendance écossaise
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Brown, héros inattendu des opposants à l'indépendance écossaise
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par Alistair Smout
DUNDEE Ecosse (Reuters) - Si l'Ecosse rejette l'indépendance, Gordon Brown, qui battait des records d'impopularité lorsqu'il était Premier ministre du Royaume-Uni, apparaîtra comme l'un de ceux qui auront emporté la décision.
Pour beaucoup d'Anglais qui se souviennent de ses maladresses répétées, le successeur de Tony Blair au 10, Downing Street (2007-2010) fait figure d'homme providentiel dans la campagne en vue du référendum du 18 septembre prochain.
Le natif de Glasgow, qui a conduit les travaillistes à une débâcle électorale en 2010, sillonne aujourd'hui l'Ecosse pour tenter de maintenir sa région d'origine dans le giron de Londres.
"On risque de perdre des régions par erreur", a-t-il récemment dit à des journalistes, toujours avec son léger accent écossais, au Parlement de Westminster.
"Il ne faut pas que le débat se transforme en opposition entre politiciens britanniques d'une part et l'Ecosse d'autre part (...) parce que ça jouera en faveur des nationalistes. C'est le meilleur moyen de perdre", a-t-il ajouté.
A moins de cent jours du vote, les sondages donnent le "non" en tête mais l'issue du scrutin demeure incertaine. Dans le dernier sondage en date, réalisé par l'institut Yougov et paru lundi, les électeurs se disent opposés à l'indépendance à 53% et favorables à 36%, pour 11% d'indécis. Mais, jusque-là, le "oui" avait tendance à progresser.
Alistair Darling, qui mène la campagne "Better Together" (On est mieux ensemble) avec le soutien des trois grands partis britanniques, a prévenu que le résultat serait serré.
"PATRIOTE ÉCOSSAIS"
Compte tenu de ses origines anglo-anglaises et de la faible popularité des Tories en Ecosse, l'actuel Premier ministre conservateur, David Cameron, admet qu'il ne peut pas être l'homme de la situation.
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Dans ces conditions, les travaillistes, Gordon Brown le premier, se trouvent en première ligne. D'autant que, selon des analystes du parti, de nombreux indécis sont précisément des sympathisants du Labour.
Ancien étudiant de l'université d'Edimbourg et élu en 1983 député d'une circonscription écossaise, Gordon Brown a donc repris du service après quatre années passées dans la discrétion.
"En tant que patriote écossais, je ne peux pas rester à l'écart d'un débat et de décisions qui auront un effet sur des enfants que j'aime et sur des gens que je respecte et que je représente, d'autant plus que nous devons faire un choix irréversible", a-t-il écrit dans un plaidoyer pro domo.
L'ancien chancelier de l'Echiquier a pris de plus en plus de place dans la campagne. "C'est un animal politique de premier plan en Ecosse. Brown est une figure politique très importante, ce qu'on ne voit pas toujours à Londres", explique un responsable politique britannique.
Les partisans du "non" affirment que l'Ecosse sera plus forte si elle reste dans l'orbite du Royaume-Uni, une puissance économique qui a un rond de serviette au G8 et un siège permanent au Conseil de sécurité de l'Onu.
Gordon Brown met quant à lui l'accent sur les questions de justice sociale.
Convaincra-t-il les indécis ? "De nombreuses personnes vont l'écouter et se demander pourquoi il n'a pas appliqué tout ce dont il parle quand il était Premier ministre et chancelier de l'Echiquier", balaie Nicola Sturgeon, du Parti national écossais (SNP), porte-étendard de l'indépendance.
(Simon Carraud pour le service français, édité par Henri-Pierre André)
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