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Bani Walid, miroir des divisions en Libye à la veille des élections

reuters.com

Publié le 24 juin 2014 à 11:46 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 14:04

Bani Walid, miroir des divisions en Libye à la veille des élections

Bani Walid, miroir des divisions en Libye à la veille des élections

reuters.com

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par Ulf Laessing

BANI WALID Libye (Reuters) - Des colonnes antiques endommagées, des vitrines brisées et un livre d'or datant de 1999, c'est à peu près tout ce qu'il reste du musée historique de Bani Walid, en Libye.

Autrefois visité par les touristes européens, le site a été occupé par des combattants rebelles venus de différentes villes, qui ont recouvert ses murs de slogans lorsqu'ils ont pris ce qui fut un bastion de Mouammar Kadhafi après de violents combats en 2011 et 2012.

"Il n'y a aucune excuse pour détruire un musée. C'est difficile d'oublier ça", dénonce Abdel Nasser al Rabasi, fonctionnaire et candidat au parlement alors que le peuple libyen est appelé à se rendre aux urnes mercredi pour renouveler les députés du Congrès national général.

Responsables et diplomates espère que ce scrutin, le second depuis la chute de l'ancien dictateur en 2011, permettra de dissiper les tensions politiques et mettre un terme au chaos qui règne en Libye.

Le pays a besoin d'un parlement en exercice et d'un gouvernement qui puisse imposer son autorité face aux multiples milices, groupes islamistes ou chefs tribaux qui ont participé au renversement de Kadhafi et défient aujourd'hui les autorités de Tripoli.

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L'histoire de Bani Walid illustre le défi auquel devront faire face les nouveaux dirigeants libyens afin de concilier les groupes et les régions parmi lesquels subsistent des inimitiés profondes.

En 2011, la ville, située sur un promontoire rocheux, à 170 km au sud de Tripoli, a tenu deux mois de plus que la capitale avant d'être prise par les rebelles. C'est là que Saïf al Islam, le fils de Kadhafi, a fait une dernière apparition publique avant de s'évanouir dans le désert.

Et les combats ne se sont pas achevés après la victoire des insurgés.

En octobre 2012, un an après la mort de Kadhafi, des miliciens venus de villes de l'ouest du pays, comme Misrata, ont mené avec l'aval du gouvernement une offensive contre Bani Walid qui refusait de livrer l'homme qui avait kidnappé et torturé Omar Chaabane, combattant rebelle qui a participé à la capture de Kadhafi. Chaabane, originaire de Misrata, est mort des suites de ses blessures.

Les habitants ont reconstruit les bâtiments lourdement bombardés de l'université et repeint la plupart des maisons, mais les traces laissées par la guerre sont toujours visibles sur les murs criblés de balles du centre-ville.

DES INIMITIES PROFONDES

Les puissances occidentales craignent que les combats entre les miliciens et les combattants tribaux plongent un peu plus le pays dans la tourmente alors que son armée est toujours en formation.

De nombreux habitants de Bani Walid estiment que le reste du pays les considère comme des "délinquants" après le recrutement de plusieurs membres de la tribu Warfalli, majoritaire dans la ville, par Mouammar Kadhafi.

"Bani Walid ne soutenait pas l'ancien régime, ce n'est pas vrai", dément Idris Emhemed, ingénieur de la faculté d'électronique et de technologie. "Nous voulons laisser le passé derrière nous. Après tout, nous sommes tous Libyens."

Les inimitiés datent d'avant la révolution. Bani Walid, colonie bédouine, a longtemps été opposée aux communautés des villes côtières comme Misrata, où la confrérie des Frères musulmans est profondément implantée.

Les tensions se sont accrues durant la guerre civile en 2011 alors que Misrata a été assiégée et bombardée pendant des semaines par les troupes de Kadhafi.

Mais les deux villes sont unies dans leur rejet du mouvement fédéraliste qui vise à accorder l'autonomie régionale dans l'est du pays, la Cyrénaïque, contrôlé par différentes tribus.

A l'université de Bani Walid, des étudiantes ont réalisé un film sur l'histoire de la ville, dans l'espoir de redorer son image. "Nous voulons montrer l'histoire de Bani Walid, que beaucoup de personnes ignorent", expliquait l'une des étudiantes pendant la cérémonie de remise des diplômes.

(Clémence Apetogbor pour le service français, édité par Henri-Pierre André)

reuters.com

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