Des milliers de partisans d'Abdullah manifestent à Kaboul
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KABOUL (Reuters) - Des milliers de partisans d'Abdullah Abdullah ont manifesté vendredi à Kaboul pour dénoncer les fraudes dont l'ancien chef de l'Alliance du Nord dit avoir été victime au second tour de l'élection présidentielle afghane.
Arrivé largement en tête au premier tour, Abdullah Abdullah a annoncé son retrait du processus électoral la semaine dernière en disant avoir constaté des fraudes massives en faveur de son rival, Ashraf Ghani, lors du scrutin du 14 juin.
L'impasse politique a réveillé les tensions ethniques en Afghanistan, Abdullah étant tadjik, la deuxième communauté du pays, tandis que l'ancien ministre des Finances Ashraf Ghani appartient à la majorité pachtoune.
Elle ajoute aux incertitudes pesant sur l'avenir du pays alors que le processus de paix avec les taliban semble au point mort et que les troupes combattantes étrangères sous commandement de l'Otan doivent achever leur retrait d'ici la fin de l'année.
Abdullah, qui a publiquement accusé le président sortant Hamid Karzaï, des gouverneurs provinciaux et la police d'avoir comploté pour truquer l'élection au bénéfice de Ghani, a rejoint ses partisans qui marchaient vendredi en direction du palais présidentiel.
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"Notre président est Abdullah Abdullah" a clamé la foule d'environ 15.000 personnes, selon le décompte de la police et des journalistes de Reuters.
"Les moudjahidine doivent revenir. Nous ne voulons pas des technocrates ni des esclaves des juifs et des chrétiens", a dit à Reuters Badam Gul, un ancien combattant de l'Alliance du Nord, qui avait chassé les taliban de Kaboul en 2001 à la faveur de l'offensive américaine après les attentats du 11 septembre.
"Nous obtiendrons justice, quel qu'en soit le prix. Il y a eu des fraudes et nous ne pouvons pas l'accepter. Nous donnerons jusqu'à notre dernière goutte de sang pour que nos droits soient respectés", a-t-il affirmé.
En dépit de ces propos va-t-en-guerre, la manifestation s'est déroulée de manière pacifique et a été bien coordonnée par les organisateurs, qui ont notamment protégé l'accès à l'hôtel Serena voisin, où séjournent de nombreux responsables afghans et étrangers.
Abdullah a demandé l'intervention des Nations unies pour sauver le processus électoral. Hamid Karzaï s'est également prononcé en faveur de cette solution.
Vendredi, un responsable de l'équipe de campagne de Ghani n'a donné aucune indication en ce sens et s'est dit convaincu de la victoire de son candidat.
"Nous ne faisons aucune annonce car nous respectons la commission électorale et nous attendrons qu'elle proclame officiellement le vainqueur", a déclaré Daud Sultanzoy.
"Mais nous savons que nous avons une avance confortable", a-t-il ajouté en citant une fourchette de 1,2 à 1,3 million de voix d'avance pour Ghani.
(Mirwais Harooni et Praveen Menon; Tangi Salaün pour le service français)
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