L'UE tente d'apaiser David Cameron, qui dit s'en éloigner
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BRUXELLES (Reuters) - Les dirigeants européens ont fait vendredi des concessions de dernière minute au Royaume-Uni après avoir mis David Cameron en minorité lors de la désignation de Jean-Claude Juncker pour la présidence de la Commission, un choix qui éloigne son pays de l'UE, selon le Premier ministre britannique.
Un paragraphe a été ajouté in extremis aux conclusions du sommet de Bruxelles pour faire état du besoin de répondre aux inquiétudes du Royaume-Uni sur l'orientation de l'Union. Ce paragraphe rappelle aussi que les traités autorisent plusieurs vitesses d'intégration.
Les dirigeants qui ont voté par 26 voix contre deux en faveur de Jean-Claude Juncker, en dépit de l'offensive de David Cameron contre le choix à la fois d'un fédéraliste et d'un homme en quelque sorte imposé par le Parlement, ont en outre accepté de revoir le processus de désignation du président de la Commission.
Mais David Cameron a prévenu qu'il serait d'autant plus difficile désormais pour lui de se faire l'avocat d'un maintien de son pays dans l'Union européenne, sujet sur lequel il entend consulter la population en 2017.
"Je crois que l'intérêt national du Royaume-Uni réside dans la réforme de l'UE, dans la tenue d'un référendum sur cette réforme et dans le fait de recommander que nous restions dans une UE réformée. Est-ce devenu plus dur ? Oui", a-t-il dit.
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David Cameron, qui a été lâché par ses alliés, tels la Suède ou les Pays-Bas, pourtant eux aussi opposés à la désignation de candidats par les partis avant les élections européennes, a entamé sa conférence en déplorant "une mauvaise journée pour l'Europe".
"Cela risque de miner la position des gouvernements nationaux, cela risque de miner la puissance des parlements nationaux et cela octroie de nouveaux pouvoirs au Parlement européen", a-t-il dit.
"Aussi est-il important que le Conseil européen ait convenu aujourd'hui de regarder ce qu'il s'est passé et de réfléchir à la manière de gérer la désignation du président de la Commission la prochaine fois", a-t-il ajouté.
"Quant à l'avenir, ce processus a simplement renforcé ma conviction que l'Europe doit changer."
Ainsi a-t-il obtenu, comme il l'a annoncé lui-même et comme certains de ses partenaires l'ont confirmé, que les "inquiétudes britanniques" soit étudiées.
"C'est dans les conclusions du Conseil européen d'aujourd'hui", a-t-il souligné, comme pour préparer son retour à Londres où il devra montrer que son inflexibilité a pu porter des fruits, à défaut d'avoir fait émerger un autre candidat.
"Les conclusions disent aussi explicitement que l'Union (...) respecte le souhait de ceux qui, comme le Royaume-Uni, ne veulent pas d'une plus grande intégration. C'est une déclaration importante mais cela ne clôt pas ce dossier. Loin de là. La campagne pour réformer l'UE est encore longue."
(Kylie MacLellan et Adrian Croft, Jean-Philippe Lefief et Grégory Blachier pour le service français)
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