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Un constat d'échec partagé pour François Hollande à mi-mandat

reuters.com

Publié le 04 novembre 2014 à 11:12 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 13:30

Un constat d'échec partagé pour François Hollande à mi-mandat

Un constat d'échec partagé pour François Hollande à mi-mandat

reuters.com

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18 juillet 2026

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par Julien Ponthus

PARIS (Reuters) - Trop peu, trop tard. Nombreux sont les membres du gouvernement à partager un bilan qui se veut lucide sur l'échec de la première moitié du quinquennat de François Hollande : l'ampleur de la crise économique a été sous-estimée et la mise en place d'une politique de l'offre s'est révélée trop lente et trop timide.

L'abandon de l'objectif de ramener les déficits publics à 3% du PIB en 2015 a sonné, avec celui de l'inversion de la courbe du chômage ou de la construction de 2,5 millions de logements sur le quinquennat, le glas des engagements phares du président.

L'opinion est sévère. Plus de neuf Français sur dix (92%) jugent que le bilan de François Hollande n'est pas satisfaisant et 96% estiment que le chef de l'Etat n'a pas tenu ses engagements de campagne, selon un sondage Harris Interactive pour LCP-Assemblée nationale diffusé lundi.

Le deuxième président socialiste de la Ve République a payé cher sa volonté d'afficher sa foi en une reprise économique ou un reflux du chômage toujours aux abonnés absents.

Certains opposants, même modérés, comme le centriste François Bayrou, prédisent qu'il sera obligé de dissoudre l'Assemblée nationale, voire de quitter l'Elysée avant la fin de son mandat faute de disposer d'une majorité.

Ses deux Premiers ministres lui reprochent avec le recul de n'avoir pas joué cartes sur table avec les Français en 2012.

"Je regrette que nous n'ayons pas dit immédiatement que l'état de la France à ce moment-là était bien pire que celui que nous avions imaginé. Ce fut une erreur", a estimé Manuel Valls dans un entretien au quotidien néerlandais NRC Handelsblad.

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Son prédécesseur Jean-Marc Ayrault a confié après son éviction que le chef de l'Etat lui avait demandé de ne pas "décourager" le pays à peine arrivé au pouvoir.

ASSUMER L'IMPOPULARITÉ

L'exécutif estime depuis avoir mis en place les instruments pour corriger le tir avec le pacte de responsabilité et ses 40 milliards de baisses de charges, le choc de simplification ou la loi sur la croissance attendue pour décembre.

Pour soutenir l'emploi, le gouvernement a en outre décidé de créer 45.000 emplois aidés supplémentaires en 2015.

L'émission de télévision à laquelle participera François Hollande jeudi sur TF1 et RTL, exactement à mi-mandat, sera l'occasion pour lui de tenter d'insuffler un peu d'espoir aux Français, qui lui poseront directement des questions.

"Il faut qu'il trouve la bonne tonalité en revenant sur les efforts qui ont été demandés, les mesures qui ont été appliquées et surtout en expliquant ce qu'il va faire dans les deux ans et demi qui restent, au service de quels projets", estime un responsable important de la majorité.

Mais avec un taux de croissance attendu à 1% à peine l'année prochaine, François Hollande risque de devoir serrer les dents jusqu'en 2016 pour enregistrer de premiers résultats.

La Commission européenne a publié mardi des prévisions économiques qui montrent que même ce faible espoir pourrait être douché, avec un déficit en hausse, une croissance molle et un chômâge en hausse jusqu'en 2016 au moins.

"Jusqu'à ce que les résultats en deviennent visibles en 2015 ou 2016, nous devons assumer cette impopularité et ce scepticisme", estimait récemment Manuel Valls.

SECOND SOUFFLE POUR HOLLANDE ?

Or, le temps presse pour François Hollande qui a désespérément besoin de résultats pour se représenter en 2017.

Profitant du désarroi qui règne dans la majorité, les "frondeurs" du Parti socialiste veulent organiser un congrès le plus vite possible pour reprendre le contrôle du parti et imposer une primaire à François Hollande.

L'enjeu est au contraire pour le président et ses alliés de jouer la montre face à une aile gauche qui pourrait être renforcée par une nouvelle défaite du PS lors des élections départementales et régionales de 2015.

Les proches de François Hollande parient sur la capacité de rebond du président français, familier des traversées du désert dans sa longue vie politique, et Manuel Valls, souvent présenté en rival, a déclaré cette semaine qu'il avait une "vocation naturelle" à se représenter en 2017.

"Il cherche un second souffle, bien sûr qu'il y croit, il a eu un passage à vide en septembre", confie un autre ministre, en référence au scandale provoqué par l'étalage de sa vie privée dans le livre de son ancienne compagne Valérie Trierweiler.

Mais depuis cette séquence, le président a multiplié les déplacements en accordant plus de place à des thèmes comme l'éducation, la jeunesse ou la culture alors qu'il tendait ces derniers mois à privilégier l'économie.

Un des derniers chantiers politiques qu'il pourrait ouvrir est l'introduction d'une dose de proportionnelle aux élections législatives ou la réduction du nombre de parlementaires, même si cela nécessiterait une modification de la Constitution qui paraît totalement hors de portée aujourd'hui.

"Il est reparti en campagne", commente un ministres au moment où le retour en politique de son prédécesseur, Nicolas Sarkozy, est jugé raté par les Français, selon des sondages.

Les partisans du président mettent en avant que depuis que sa rivale Martine Aubry l'a attaqué sur sa gauche, le président s'est "recentré" et peut se positionner en arbitre.

Entre Manuel Valls et Martine Aubry "le président se situe au centre du jeu", se félicite un de ses proches.

Des membres de la majorité voient quand même des raisons de s'inquiéter, notamment sur la "stratégie de la tension" orchestrée par le Premier ministre qui cherche à marquer son territoire social-démocrate face aux frondeurs.

"C'est sûr que si Valls continue à durcir le ton, on risque l'accident industriel", dit un membre du gouvernement, qui se dit inquiet du risque de voir le Premier ministre pousser une majorité de députés socialistes dans les bras des frondeurs.

(Avec Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse)

reuters.com

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