Tensions entre classes défavorisées et migrants à Rome
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ROME (Reuters) - Le gouvernement italien a mis en garde samedi contre le risque d'une "guerre entre les pauvres" au terme d'une semaine marquée par des manifestations contre la présence d'un centre de migrants à Tor Sapienza, une banlieue de Rome.
"Le risque est de déclencher une guerre entre les pauvres", déclare le ministre de l'Intérieur, Angelino Alfano, dans une interview au quotidien Il Messaggero.
"Les Romains, comme d'autres Italiens, ne sont pas racistes, ils sont fatigués", poursuit-il.
Des habitants de Tor Sapienza, une banlieue défavorisée de l'est de la capitale, ont manifesté ces derniers jours leur colère contre la présence d'un centre d'hébergement pour migrants, qu'ils accusent de trafics de drogue et de harcèlement. Les rassemblements ont parfois dégénéré en violences, et des enfants ont dû être évacués par la police.
Le centre d'hébergement, qui accueille 70 personnes, symbolise pour beaucoup l'indifférence des autorités municipales face à l'accumulation des problèmes sociaux dans des quartiers défavorisés marqués par un chômage supérieur à la moyenne et par la disparition des services publics.
"Les Romains ne peuvent pas accepter qu'on considère des quartiers comme des zones de seconde classe et que leurs quartiers deviennent les tapis sous lesquels la municipalité cache tous ses problèmes", ajoute Alfano.
Le maire de Rome, Ignazio Marino, s'est rendu vendredi à Tor Sapienza, où les habitants lui ont réservé un accueil houleux.
Dans un communiqué publié à la suite de sa visite, il estime que "seul quelqu'un vivant sur la Lune pourrait penser qu'il n'y aura pas de manifestations dans des secteurs en difficulté".
Plus de 100.000 migrants sont arrivés en Italie cette année en provenance d'Afrique.
(James Mackenzie; Henri-Pierre André pour le service français)
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