Une majorité de Suisses opposés à de stricts quotas d'immigration
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Une majorité de Suisses opposés à de stricts quotas d'immigration
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ZURICH (Reuters) - Une majorité de Suisses sont opposés à l'instauration d'une limite stricte du nombre d'immigrants entrant dans le pays et d'une obligation pour la banque centrale d'augmenter son stock d'or, objet de deux propositions qui seront soumises à référendum le 30 novembre, montre une enquête d'opinion publiée mercredi.
La proposition sur l'immigration, lancée par l'association Ecopop et à laquelle s'oppose le gouvernement, entend limiter à 0,2% de la population suisse le nombre de nouveaux immigrants, soit environ 16.000 personnes par an.
L'association propose en outre que 10% des fonds fournis par la Confédération au titre de l'aide au développement soient consacrés à la "planification familiale volontaire dans les pays bénéficiaires".
L'initiative "Sauvez l'or de la Suisse", lancée par trois députés de l'Union démocratique du centre (UCD), un parti conservateur, qui ne la soutient pas, propose d'interdire toute cession de ses réserves d'or par la BNS et d'imposer que le métal jaune représente au moins 20% du total de son bilan, contre un peu moins de 8% actuellement.
Selon une enquête de l'institut de recherche gfs.bern en partenariat avec la chaîne de télévision SRG, 56% des électeurs sont opposés à la proposition sur l'immigration en baisse de deux points par rapport à un sondage du 24 octobre.
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Près de 39% des sondés se disent favorables à l'initiative, en hausse de quatre points, et cinq pour cent ne se prononcent pas ou n'ont pas décidé s'ils iraient voter. Ils sont 47% à rejeter la proposition sur l'or et 15% à se déclarer indécis. Elle ne recueille donc plus que 38% d'intentions de vote favorables en baisse de six points par rapport au précédent sondage.
CRÉDIBILITÉ MONÉTAIRE
En février, la Confédération helvétique s'était prononcée de justesse en faveur de la réintroduction de quotas d'immigration avec l'Union européenne. Ce résultat oblige le gouvernement à transformer cette initiative en loi dans un délai de trois ans.
Les partisans de la proposition d'Ecopop voient dans le référendum du 30 novembre un moyen d'accentuer la pression sur les autorités afin qu'elles mettent en oeuvre leurs obligations.
Les adversaires de l'initiative font valoir qu'elle risque de peser sur les accords bilatéraux entre la Suisse et l'Union européenne dans les domaines du commerce, de l'agriculture et de la coopération économique et technologique.
Ecopop juge que l'arrivée de nouveaux migrants accentue la pression sur les ressources naturelles du pays. L'association met en avant le mécontentement de certains électeurs face à la hausse des loyers et l'encombrement dans les transports en commun.
Le président de la BNS, Thomas Jordan, a appelé au rejet de la proposition sur l'or afin de préserver les marges de manoeuvre et la crédibilité de la politique monétaire.
La BNS a mis en place en septembre 2011 une politique de change visant à casser l'appréciation de sa devise liée à la crise de la zone euro en imposant un plancher de 1,20 franc suisse pour un euro.
Cette politique a porté ses fruits au prix d'une forte hausse des réserves de change mais le franc s'est rapproché de son plancher à l'approche du référendum, nourrisant des spéculations sur une possible intervention de la BNS.
La devise suisse, qui avait atteint un plus haut de plus de deux ans à 1,2009 euros, a touché un plus bas d'une semaine à 1,2027 après la publication des résultats du sondage.
Les partisans de la proposition estiment que son adoption permettrait de garantir la stabilité et la solidité du franc alors que la BNS et le gouvernement ont mis en garde contre les risques de récession et d'augmentation du chômage que ferait peser un vote favorable.
(Joshua Franklin, Katharina Bart et Jan Harvey, Pierre Sérisier et Marc Joanny pour le service français)
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