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Le départ d'Arif, une épine de plus dans le pied de Hollande

reuters.com

Publié le 21 novembre 2014 à 15:27 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 13:25

Le départ d'Arif, une épine de plus dans le pied de Hollande

Le départ d'Arif, une épine de plus dans le pied de Hollande

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par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - Le départ de Kader Arif, qui vient gonfler la liste des ministres écartés pour des raisons politiques ou judiciaires depuis mai 2012, est une épreuve de plus pour un exécutif français fragilisé par les crises à répétition.

Le secrétaire d'Etat aux Anciens combattants, proche du chef de l'Etat, a fait le choix, "en responsabilité", de quitter le gouvernement de Manuel Valls après avoir été cité dans une enquête préliminaire portant sur des passations suspectes de marchés publics.

Ce départ a été discuté avec le Premier ministre jeudi, puis vendredi matin entre le président et l'intéressé, qui ont passé l'année côte à côte lors des nombreuses cérémonies marquant le 70e anniversaire de la Libération et le Centenaire de la Première Guerre mondiale.

Présenté comme un signe d'autorité par le camp du président, ce limogeage peut aussi être considéré comme une scorie de plus, deux semaines à peine après les remous liés aux révélations sur le contenu d'un déjeuner entre le secrétaire général de l'Elysée et l'ancien Premier ministre UMP François Fillon.

Il y a deux mois et demi, le 4 septembre, le secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, Thomas Thévenoud, quittait le gouvernement après avoir reconnu des problèmes avec le fisc.

Il avait été nommé moins de deux semaines plus tôt dans un gouvernement débarrassé de Benoît Hamon, Aurélie Filippetti et Arnaud Montebourg, en désaccord avec la politique menée.

"UNE MAISON PAS TENUE"

Un coup de tonnerre avait déjà retenti en mars 2013 avec le départ du ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, visé pour des faits présumés de blanchiment et fraude fiscale.

Au mois de juillet suivant, Delphine Batho, ministre de l'Ecologie, quittait le gouvernement après avoir critiqué le budget de son ministère.

L'hémorragie a aussi concerné le conseiller présidentiel Aquilino Morelle, remercié en avril après des soupçons de conflit d'intérêt et des révélations sur son style de vie.

Et même quand ils quittent d'eux-mêmes le gouvernement, comme l'écologiste Cécile Duflot, les partants se multiplient en livres et interviews ravageurs pour François Hollande.

Pour Jean-Daniel Lévy, de l'institut de sondages Harris Interactive, le départ de Kader Arif est "une mauvaise nouvelle pour François Hollande, dans un contexte où il n'arrive pas à avoir la main sur l'agenda politique."

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"Des critiques émergent sur sa capacité à bien gérer et cela donne le sentiment d'un entourage défaillant et d'un homme qui n'est pas en capacité de bien pouvoir mener son action, d'une maison qui n'est pas tenue", dit le politologue.

Juliette Méadel, porte-parole du PS, y voit au contraire "une exigence de transparence et d'exemplarité incarnée par François Hollande".

"C'est la première fois qu'on a un gouvernement qui est capable de réagir quasiment instantanément, au moindre soupçon de problème judiciaire. C'est un bon signe pour la démocratie", dit-elle.

Mais pour la présidente du Front national, Marine Le Pen, "ça fait beaucoup", à droite comme à gauche.

"Chaque mois amène une démission ou un limogeage", a-t-elle dit à la presse en marge d'un déplacement dans la Nièvre.

"Aujourd'hui ce sont les proches de M. Hollande, hier c'étaient les proches de M. Sarkozy ou Nicolas Sarkozy lui-même, donc c'est à se poser la question de savoir s'il ne faut pas faire une grande opération mains propres", a-t-elle considéré.

"ON NE PROTÈGE PLUS LES COPAINS"

"Plus un", ironise pour sa part le Front de Gauche dans un communiqué. "Après le scandaleux épisode Cahuzac, les motivations changent, quoique, mais les scenarii restent", ajoute le parti de Jean-Luc Mélenchon.

Dans le sillage de ces réactions, Jean-Daniel Lévy évoque l'impression, dans l'opinion, "que la grande majorité des personnalités politiques sont corrompues. Et dans ce contexte, l'échange Jouyet-Fillon a renforcé ce sentiment d'une classe politique qui vivrait dans une forme de monde un peu fermé".

Pour Juliette Méadel, ce problème de perception donne à la majorité un devoir d'explication.

"Bien sûr on n'est jamais heureux de vivre cela. Il y a une exigence d'exemplarité douloureuse mais nécessaire", dit-elle.

"Aujourd'hui, on ne protège plus les copains. On a un président de la République qui ne transige pas. Ça montre qu'il a pris tout à fait la mesure de sa fonction : ce qui compte c'est l'intérêt de la Nation, rien d'autre".

(Edité par Yves Clarisse)

reuters.com

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