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Paris promet une candidature sobre pour les JO de 2024

reuters.com

Publié le 09 avril 2015 à 10:28 - Mis à jour le 09 avril 2015 à 10:30

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06 juin 2026

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par Gregory Blachier

PARIS (Reuters) - La candidature de Paris aux Jeux olympiques de 2024 sera sobre et réussira si elle est portée par les sportifs qui étaient trop peu présents lors de l'échec pour 2012, déclare à Reuters Jean-François Martins, adjoint chargé des Sports à la mairie.

Le Conseil de Paris se prononcera lundi sur la candidature et l'issue du vote fait guère de doute, après le changement de point de vue de la maire Anne Hidalgo, même si les écologistes, clés dans la majorité, sont réservés voire opposés.

Anne Hidalgo a longtemps affiché ses réticences à se lancer dans une aventure coûteuse en temps, en énergie et en millions - 50 à 100 pour la seule candidature -, alors que Paris s'est réveillé de la course aux JO de 2012 avec la gueule de bois.

La "bascule" est venue de l'étude remise en début d'année par Bernard Lapasset, président du Comité français du sport international, et Denis Masseglia, président du Comité national olympique et sportif français, dit Jean-François Martins.

"Il y a un peu le 11 janvier aussi (la manifestation monstre qui a suivi les attentats djihadistes de janvier-NDLR), l'envie des Parisiens d'avoir un message universel."

L'élu centriste reconnaît que le processus a pris du temps et veut en faire un argument : "Par définition, on a tous envie des Jeux avec les tripes, mais on a construit un projet rationnel, sportif, éducatif, territorial."

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Le projet, pour l'heure, n'existe pas totalement. Paris aura jusqu'à mi-septembre pour déposer une demande de candidature au Comité international olympique (CIO) qui désignera d'abord les villes candidates officielles, puis la ville hôte mi-2017.

PLUS DE PUDEUR

Sa philosophie, en revanche, paraît claire : Paris, qui sera en même temps candidate à l'Exposition universelle de 2025, ne sera pas en première ligne et fera "sobre", son idée-force.

"La candidature sera d'abord dictée par l'intérêt sportif et les sportifs eux-mêmes", énonce Jean-François Martins. "Le CIO, c'est un organe de sportifs, d'athlètes, de dirigeants de fédérations internationales et si on veut gagner les JO, il faut être capables de parler la même langue que les gens du CIO."

Cette dimension avait sans doute manqué en 2005 à Singapour, où la malice et l'entregent de Sebastian Coe, directeur de Londres 2012, avaient pris de court les représentants parisiens.

"Il faut savoir tirer les enseignements de 'Paris 2012' où le CIO avait dit: 'On n'a peut-être pas assez senti les sportifs et un peu trop les politiques'", relève Jean-François Martins.

Aux côtés de Bernard Lapasset, Tony Estanguet, triple champion olympique, porte-drapeau de la délégation française à Pékin en 2008, vedette de son sport, le canoë, mais peu connu du très grand public, sera l'ambassadeur de Paris.

Jean-François Martins assure que la leçon de lobbying de 2005 a été apprise : "Oui, il faut convaincre 114 personnes. S'il y a eu cette pudeur, elle n'existe pas aujourd'hui."

ÉLÉPHANTS BLANCS

Face à la concurrence de Boston, Hambourg, sans doute Rome et d'autres encore, il faudra aussi faire la démonstration d'une mobilisation publique, économique et montrer que la Ville a une idée forte de l'héritage potentiel des JO.

"Il faut penser à ce que la candidature peut laisser comme traces durables dans les territoires, pour la santé, l'éducation, le logement, la lutte contre la pollution. C'est là que se trouve notre rôle spécifique", dit Jean-François Martins.

La Seine-Saint-Denis, que Paris voit en partenaire privilégié, peut être transformée par les JO, dit l'élu, comme Stratford, quartier de l'est de Londres, l'avait été.

Ce département, parmi les moins prospères de l'Ile-de-France, est évoqué comme lieu d'accueil d'un village olympique qui devra compter 17.000 places et sera sans doute, avec une piscine, le seul gros investissement lié aux JO.

D'abord parce que la région dispose déjà d'équipements de haut niveau tels Roland-Garros, le Stade de France, le Parc des princes, Jean-Bouin, Bercy, voire le Grand Palais.

Ensuite parce que dans une période de sérieux budgétaire, personne n'envisage de dépenses somptuaires mais sans lendemain.

"Il y a la possibilité de faire ce que Londres a très bien fait, des structures temporaires", dit Jean-François Martins.

"On va être dans l'exigence qui est celle de la maire, une candidature sobre, donc on ne fera pas d'éléphants blancs, pas d'équipements qui ne serviront à rien demain", poursuit-il.

Paris promet et promeut ainsi une candidature non au rabais mais à l'économie : "On est moins sur un besoin d'urbaniser que d'autres grandes villes mais sur un besoin de donner du sens, de donner vie à un projet qui est le Grand Paris, à une génération qui a besoin de s'exprimer, de s'impliquer", dit l'élu. "Les milliards, on les mettra moins sur construire du bâtiment."

Les transports et l'hôtellerie - Paris compte 50.000 lits de moins que Londres - devraient toutefois en profiter. Et les acteurs économiques se disent enthousiastes.

"Il y a une adhésion, une envie de contribuer par le biais du sponsoring mais aussi de projets, d'innovation", dit Jean-François Martins. "En 2005, les chefs d'entreprise ont vécu ça comme une peine. On s'y était tous un peu vus. Le message, c'est qu'on ne veut pas revivre ça."

(Edité par Yves Clarisse)

reuters.com

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