La Turquie émet des mandats d'arrêt contre Gülen et ses proches
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ANKARA (Reuters) - La Turquie a émis vendredi des mandats d'arrêt contre le prédicateur turc basé aux Etats-Unis Fethullah Gülen, ennemi juré du président Recep Tayyip Erdogan, et 66 autres individus pour association avec un groupe terroriste, rapporte l'agence de presse Anatolie.
Ankara vise ainsi "l'Etat parallèle" que le chef de l'Etat accuse son ancien allié d'avoir secrètement bâti dans la police, la justice et la politique, avant une vaste purge entreprise l'année dernière par Recep Tayyip Erdogan.
Quarante-trois des 67 personnes concernées vivent à l'étranger, rapportent les médias locaux.
La police a procédé à cinq interpellations, dont celle d'Ilhan Isbilen, un ancien député de l'AKP, le Parti de la justice et du développement d'Erdogan.
Ilhan Isbilen a démissionné du parti début 2014, quelques semaines après l'ouverture d'enquêtes pour corruption à l'encontre du premier cercle des collaborateurs d'Erdogan, alors Premier ministre. Pour ce dernier, ces enquêtes participent d'un complot orchestré par Fethullah Gülen.
Parmi les autres individus recherchés par la police figurent l'ancien rédacteur en chef du quotidien Zaman, Ekrem Dumanli, le directeur général du groupe Koza Ipek et le président de l'université Fatih d'Istanbul.
Gülen, qui est à la tête d'une puissante confrérie, est exilé depuis mars 1999 en Pennsylvanie, où il vit et travaille avec ses collaborateurs. Ce n'est pas la première fois qu'il est visé par un mandat d'arrêt turc et son extradition paraît très peu probable.
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Des avocats mandatés par le gouvernement turc ont également déposé lundi une plainte au civil à son encontre devant un tribunal américain pour violations des droits de l'homme.
Gülen a estimé cette année que la répression menée par Erdogan était "dix fois pire" que celle qu'a connue la Turquie après le putsch militaire de 1980.
(Ece Toksabay; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)
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