Deux Yézidies lancent un appel au monde à Strasbourg
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STRASBOURG (Reuters) - Nadia Mourad et Lamiya Aji Bachar, deux jeunes Irakiennes de la communauté yézidie persécutée par l'Etat Islamique, se sont vu remettre mardi le prix Sakharov du Parlement européen pour leur combat contre la traite des êtres humains et les droits de leur communauté, pratiquante d'une religion préchrétienne.
"Je suis là pour être la voix des victimes", a affirmé Lamiya Aji Bachar, 18 ans. "Je vous demande de promettre que jamais plus vous ne permettrez de tels actes."
Elle a raconté comment, le 4 août 2014, l'Etat islamique a attaqué son village du Kurdistan irakien, tué tous les hommes, les femmes les plus âgées et emmené les jeunes filles et les enfants pour les réduire en esclavage.
La rescapée a également évoqué les coups, la torture et les viols infligés "même à des petites filles de dix ans", avant qu'elle parvienne à s'enfuir, frôlant au passage la mort quand une mine anti-personnel, dont son visage porte les stigmates, a emporté son œil droit et l'une de ses amies.
Agée de 23 ans, Nadia Mourad, qui a connu le même destin, a lancé un appel à la communauté internationale.
"Les minorités religieuses doivent être protégées en Irak, il faut notamment protéger ma communauté et cela passe par la mise en place de zones protégées sous l'égide de la communauté internationale, avec la participation du gouvernement irakien et du gouvernement de la province du Kurdistan", a-t-elle dit.
"Si le monde n'est pas capable de nous protéger sur nos terres, je vous invite, vous Européens, à ouvrir vos portes afin d'offrir un refuge à 500.000 Yézidis d'Irak pour organiser une migration telle que celle qui a suivi l'Holocauste."
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Alors que la question des migrations est un sujet sensible dans la plupart des pays européens, elle a salué la politique généreuse de l'Allemagne qui a accueilli la plus grande part des 70.000 Yézidis en exil, dont un millier de femmes auxquelles a été offerte une aide médicale et psychologique.
"Je tiens à remercier de tout cœur l'Allemagne d'avoir accepté ma communauté", a lancé Nadia Mourad.
(Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse)
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