Le pape François juge Noël "pris en otage" par le matérialisme
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par Philip Pullella
VATICAN (Reuters) - Le pape François a prononcé samedi une homélie de Noël dans laquelle il a dénoncé la "prise en otage" de la fête par un matérialisme qui obscurcit son message et rend indifférent aux besoins des migrants et de ceux épuisés par les guerres.
Pour la quatrième homélie de Noël de son pontificat, le pape a appelé les quelques 1,2 milliard de catholiques du monde à mettre à distance l'égocentrisme, à ne pas laisser les cadeaux prendre la première place et à se montrer plus humble.
"Si nous voulons fêter le vrai Noël, contemplons ce signe : la simplicité fragile d'un petit nouveau-né, la douceur de son être couché, la tendre affection des langes qui l'enveloppent. Là est Dieu", a dit le pape aux catholiques depuis la basilique Saint-Pierre.
Lors d'une cérémonie solennelle mais gaie, à laquelle ont pris part environ 10.000 fidèles ainsi que des dizaines de cardinaux et d'évêques, le pape a jugé nécessaire de rappeler le message d'humilité, de simplicité et de mystère de Noël.
"Jésus est né dans le refus de certains et dans l'indifférence de la plupart", a-t-il dit.
"Aujourd'hui aussi il peut y avoir la même indifférence, quand Noël devient une fête où les protagonistes sont nous, au lieu de Lui ; quand les lumières du commerce jettent dans l'ombre la lumière de Dieu ; quand nous nous donnons du mal pour les cadeaux et restons insensibles à celui qui est exclu".
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Il a ensuite ajouté une remarque improvisée : "Ces manières du monde ont pris Noël en otage. Il faut l'en libérer."
La sécurité a été renforcée en Italie pour le week-end de Noël au lendemain de la mort sur son territoire de l'auteur présumé de l'attaque au camion-bélier qui a fait 12 morts le 19 décembre à Berlin.
La place Saint-Pierre a été vidée six heures avant le début de la messe de Noël dans la Basilique afin de mettre en place des mesures de sécurité encadrant l'entrée des fidèles.
Le pape François, qui a fait de la défense des pauvres la marque de son pontificat, a dit que l'image de l'enfant Jésus devait rappeler aux croyants toutes les personnes dans la souffrance, et particulièrement les enfants.
"Laissons-nous interpeller par l'Enfant dans la mangeoire, mais laissons-nous interpeller aussi par des enfants qui, aujourd'hui, ne sont pas couchés dans un berceau et caressés par la tendresse d'une mère et d'un père, mais qui gisent dans les sordides 'mangeoires de la dignité' : dans le refuge souterrain pour échapper aux bombardements, sur les trottoirs d'une grande ville, au fond d'une embarcation surchargée de migrants".
Des milliers de personnes qui n'avaient pu entrer dans la basilique étaient rassemblées devant et regardaient la messe de Noël sur des écrans géants.
"Laissons-nous interpeller par les enfants qu'on ne laisse pas naître, par ceux qui pleurent parce que personne ne rassasie leur faim, par ceux qui ne tiennent pas dans leurs mains des jouets, mais des armes", a poursuivi le souverain pontife.
Dimanche, le jour de Noël, le pape prononcera du haut du balcon de la basilique sa bénédiction bisannuelle "Urbi et Orbi" ("À la ville et au monde").
(Julie Carriat pour le service français)
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