Des Russes auraient des informations compromettantes sur Trump
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par Jonathan Landay et John Walcott
WASHINGTON (Reuters) - Les documents confidentiels présentés la semaine dernière par les agences américaines de renseignement à Donald Trump indiquent que des agents russes détiennent des informations compromettantes à son sujet, a-t-on appris mardi soir auprès de deux responsables américains.
Ces informations se trouvent dans un résumé de deux pages annexé au rapport sur l'ingérence russe dans la campagne pour l'élection présidentielle américaine du 8 novembre dernier présenté la semaine dernière par les services de renseignement au futur président des Etats-Unis Donald Trump et au président sortant Barack Obama, précisent les deux responsables américains qui confirment ainsi les informations révélées par la chaîne de télévision CNN.
Donald Trump a répondu mardi par un Tweet laconique : "Fausse information, chasse politique totale aux sorcières!". Son équipe de transition a été sollicitée pour un commentaire mais n'a pas répondu. Lundi, le Kremlin avait utilisé la même expression de "chasse aux sorcières" pour réfuter le rapport des agences de renseignement américaines accusant la Russie d'avoir interféré dans les élections de novembre pour chercher à favoriser la victoire de Donald Trump.
La police judiciaire (FBI) et d'autres administrations américaines enquêtent sur la véracité des affirmations révélées par CNN, a indiqué un des deux responsables interrogés.
Ces affirmations viennent notamment des notes d'un ancien responsable britannique du renseignement, dont le travail passé a en général été considéré comme crédible par les Etats-Unis.
Mais le responsable interrogé souligne que les enquêteurs n'ont pas pu pour l'instant confirmer la matérialité des relations financières et personnelles de Trump avec des hommes d'affaires russes et d'autres que les analystes du renseignement américain estiment être des agents russes du renseignement ou qui travaillent pour le compte des renseignements russes. En outre, une partie des informations rédigées par l'ancien espion britannique s'est révélée fausse.
L'idée que la Russie aurait tenté de discréditer Donald Trump circule depuis plusieurs mois à Washington et a été présentée au FBI et à d'autres responsables du gouvernement américain l'été dernier.
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Le FBI a d'abord pris l'affaire au sérieux, expliquent les personnes interrogées par Reuters, mais il n'a pas fait de suivi concret par la suite et l'ancien agent britannique a rompu le contact environ trois semaines avant l'élection de novembre.
"LA SÉCURITÉ DE L'AMÉRIQUE"
Le Directeur du renseignement national James Clapper a évoqué ces derniers temps l'influence russe "aux multiples facettes" dans les opérations d'espionnage en Europe et aux Etats-Unis.
Selon des déclarations qu'il a faites mardi devant la Commission du renseignement du Sénat, la Russie a tenté d'influencer le résultat des élections dans une "vingtaine" de pays.
Le directeur du FBI James Comey a déclaré mardi devant la même commission qu'il y avait des preuves que la Russie avait piraté la campagne du Parti républicain au niveau de certains Etats, mais que rien ne prouvait que la Russie se soit introduite dans les serveurs utilisés par Donald Trump pendant la campagne électorale.
Selon les services de renseignement américains, la Russie ne se contente pas de pirater les réseaux informatiques et de diffuser de la propagande et de fausses informations, elle recherche aussi des informations compromettantes personnelles, financières ou autres sur un certain nombre de personnalités.
Dans la version publique de leur rapport diffusée vendredi dernier, les agences disent avoir la quasi certitude que leurs homologues russes, notamment le GRU (renseignements militaires), ont mené des cyberattaques contre des cibles dans les deux camps et utilisé Guccifer 2.0 (qui a revendiqué le piratage du Parti démocrate), DCLeaks.com et WikiLeaks pour rendre publiques certaines données piratées.
Dans ce contexte, dix sénateurs démocrates et républicains ont annoncé mardi avoir l'intention de présenter une proposition de loi imposant des sanctions à l'encontre de la Russie pour ses activités de piratage, et ses actions en Syrie et en Ukraine. Il s'agirait de gels des avoirs et d'interdiction de visas.
Parmi les sénateurs en questions figurent notamment les républicains John McCain, Lindsey Graham et Marco Rubio et les démocrates Robert Menendez et Richard Durbin.
Un texte similaire est en cours de rédaction à la Chambre des représentants.
Le texte du Sénat a été présenté à la veille de l'audience de confirmation de Rex Tillerson au secrétariat d'Etat. En tant que PDG du pétrolier Exxon Mobil, le futur chef de la diplomatie américaine a travaillé des années avec l'administration du président russe Vladimir Poutine.
Il sera notamment demandé à Rex Tillerson s'il est favorable à des sanctions contre la Russie.
"Il s'agit de protéger la sécurité de l'Amérique", a déclaré le sénateur démocrate Ben Cardin.
(Avec Eric Beech, Warren Strobel et Mark Hosenball; Danielle Rouquié pour le service français)
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