Trump et May vont parler commerce, redéfinir la "relation spéciale"
reuters.com
reuters.com
par Elizabeth Piper et David Lawder
LONDRES/WASHINGTON (Reuters) - Le commerce sera au coeur des discussions, prévues vendredi, entre les nouveaux dirigeants des Etats-Unis et la Grande-Bretagne, les deux espérant que des engagements en vue d'un accord à venir leur permettront de redéfinir la "relation spéciale" entre Londres et Washington.
Pour la Première ministre britannique Theresa May, qui sera le premier dirigeant étranger à être reçu par Donald Trump à la Maison blanche, même une simple promesse des Etats-Unis d'approfondir les relations commerciales pourrait lui donner un avantage dans les pourparlers de divorce avec l'Union européenne.
De son côté, Donald Trump pourrait profiter de la rencontre pour obtenir des concessions de la part de la Grande-Bretagne afin de faire avancer son dessein de mener les Etats-Unis à la prospérité via les exportations.
Mais, pour les deux parties, la route vers tout accord commercial est semé d'embûches et pourrait même tendre les relations entre Londres et Washington, qui ont été proches.
Des divergences de points du vue notamment sur les organismes génétiquement modifiés (OGM) et sur la production de viande mais aussi les craintes des Britannique de voir des entreprises américaines faire des affaires dans le système de santé public du pays pourraient empêcher toute avancée vers un accord.
En outre, si Donald Trump a dit qu'un accord pourrait être conclu "très vite", il a également déclaré, tout d'ailleurs comme Theresa May, que les intérêts de son pays avaient la priorité.
Dimanche, la Première ministre britannique avait déclaré qu'elle n'aurait "pas peur" de dire à Donald Trump lorsqu'elle jugera inacceptables ses actes ou ses déclarations.
L'OTAN ET LA SYRIE AUSSI AU PROGRAMME
Theresa May verra Donald Trump à Washington au lendemain d'un arrêt, ce jeudi, à Philadelphie, où elle rencontrera des membres du Congrès républicains.
"(...) Nous avons l'opportunité, et la responsabilité, de renouveler la relation spéciale pour cette nouvelle ère. Nous avons l'opportunité de mener ensemble, à nouveau", devrait-elle dire.
La Première ministre va également souligner les domaines où elle juge la coopération vitale, comme la défense et la sécurité, que ce soit via les liens bilatéraux, et l'Otan et la Syrie.
Mais c'est dans le commerce qu'elle espère "jeter les bases d'une relation forte et productive".
Une source gouvernementale britannique a cependant souligné que l'équipe de Theresa May abordait cette première réunion avec prudence, voulant d'abord apprendre à connaître les négociateurs de Donald Trump et savoir ce qui pourrait être un accord conclu "très vite".
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

La "relation spéciale" entre Londres et Washington constitue une des bases de la diplomatie britannique, appelée à revêtir une importance accrue une fois acté le divorce avec l'UE.
Depuis son élection, Donald Trump s'est réjoui de la décision des Britanniques de quitter l'Union européenne, s'est affiché à la Trump Tower avec le partisan nationaliste Nigel Farage et s'est proposé de signer rapidement un accord commercial bilatéral avec le Royaume-Uni.
Mais dans la période de transition qui s'est ouverte après sa victoire du 8 novembre, les relations entre son équipe et le gouvernement britannique ont été difficiles à mettre en place. La sortie de Donald Trump sur Nigel Farage, dont il a dit qu'il ferait un très bon ambassadeur britannique à Washington, a notamment crispé la Première ministre, que l'ex-patron du Parti de l'indépendance du Royaume-Uni (Ukip) a sévèrement critiquée.
(Avec la contribution de Steven Holland et Yara Bayoumy à Washington, Benoit Van Overstraeten pour le service français)
reuters.com