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Un Fillon "au cuir solide" cherche un second souffle

reuters.com

Publié le 29 janvier 2017 à 17:01 - Mis à jour le 29 janvier 2017 à 17:30

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par Simon Carraud

PARIS (Reuters) - François Fillon a promis dimanche à ses partisans, réunis à Paris pour son meeting de lancement de campagne, d'opposer sa "détermination" et son "cuir solide" à "l'entreprise de démolition", qui a pour but selon lui d'affaiblir sa candidature à l'élection présidentielle d'avril-mai.

Ce meeting, prévu de longue date, a pris un nouveau sens après les révélations aux effets dévastateurs parues cette semaine dans le Canard enchaîné sur les emplois potentiellement fictifs de son épouse, Penelope, présente à la Villette.

"Il fallait, mes amis, ce rassemblement populaire pour rappeler à ceux qui nous jugent et nous attaquent de quel bois nous sommes faits", a lancé le candidat de la droite devant plusieurs milliers de personnes galvanisées - "plus de 13.000" selon les organisateurs.

François Fillon a profité de cette réunion publique, organisée le jour du second tour de la primaire organisée par le Parti socialiste, pour tenter de donner l'image d'une famille politique soudée dans l'adversité.

Son premier cercle - Gérard Larcher ou Bruno Retailleau - s'est affiché aux premiers rangs, de même qu'Alain Juppé et Bruno Le Maire, plusieurs ex-sarkozystes comme Brice Hortefeux et Eric Woerth ainsi que des figures centristes de l'UDI.

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Elle aussi assise au premier rang, Penelope Fillon a reçu une ovation à son arrivée dans la salle, bouquet de fleurs à la main, puis à nouveau lorsque le vainqueur de la primaire de novembre dernier a prononcé son prénom à la tribune.

La femme de l'ex-Premier ministre, habituée depuis plus de 35 ans à demeurer dans l'ombre, s'est trouvée projetée sous une lumière crue après la parution, mercredi, d'un article du Canard enchaîné faisant état de ses anciens emplois d'attachée parlementaire et de collaboratrice au sein d'une revue.

L'hebdomadaire satirique dit ne pas avoir trouvé la trace de ces activités qui ont rapporté, toujours selon le Canard enchaîné, environ 600.000 euros bruts à Penelope Fillon.

Ces révélations ont conduit à l'ouverture d'une enquête préliminaire par le Parquet national financier (PNF).

"A moins de trois mois de l'élection présidentielle, comme par hasard, on construit un scandale. A travers Penelope, on cherche à me casser", a déclaré François Fillon, la gorge parfois nouée, au cours de son discours long d'une heure et quinze minutes.

"Moi, je n'ai peur de rien, j'ai le cuir solide (...) Mais qu'on laisse ma femme tranquille."

"CANDIDAT DU TRAVAIL"

"A vous, je fais le serment de donner tout ce qu'un patriote peut donner à son pays. Je vous donnerai tout: ma détermination, ma vaillance, ma volonté de vaincre", a encore dit François Fillon. "C'est plus que ma personne qui est dans leur viseur: c'est une haute idée de la France qu'on veut abattre."

Le meeting de la Villette a constitué la troisième étape de la contre-offensive médiatique lancée par le camp Fillon, après son intervention au journal de 20h de TF1, jeudi, et une interview au Journal du dimanche.

Le JDD a publié dans la même édition un article évoquant des chèques qu'aurait reçu le candidat de la droite pour un montant total de 21.000 euros lorsque celui-ci était sénateur de la Sarthe, entre 2005 et 2007.

Ces révélations en chaîne ont fait dérailler la campagne telle que l'avait imaginée l'équipe Fillon, après un début de mois de janvier déjà marqué par un début de fronde dans les rangs de la Sarkozie orpheline, qui a pressé le nouveau chef de file d'amender son programme dans un sens plus social.

Lors de son meeting, le candidat a avancé des mesures censées doper le pouvoir d'achat, à commencer par une baisse massive des "charges qui pèsent sur le coût du travail et la feuille de paie des Français" et une revalorisation des petites retraites.

"Le gain sera d'au moins 250 euros par an et de 500 euros pour les couples qui travaillent", a promis l'ancien chef du gouvernement, qui s'est dépeint en "candidat du travail" dans un registre proche du Nicolas Sarkozy de 2007.

"Je poursuivrai l'effort (pour les retraites) avec une revalorisation de plus de 300 euros pour les pensions de moins de 1.000 euros et d'au moins 600 euros pour les petites pensions de reversion", a-t-il aussi assuré.

Reste cependant à remporter l'élection présidentielle, dont le premier tour aura lieu le 23 avril.

François Fillon et les orateurs qui se sont succédé avant lui ont concentré la plupart de leurs attaques sur Emmanuel Macron, qui de sondage en sondage, s'est installé dans le statut de troisième homme de l'élection.

L'ancien ministre de l'Economie et fondateur du mouvement "En marche!" a notamment été présenté dimanche par l'ex-Sarkozyste François Baroin comme un candidat "clandestin" du Parti socialiste.

"Macron, c'est le bilan de (François) Hollande. Macron, c'est surtout le prototype des élites qui ne connaissent pas grand-chose à la réalité profonde de notre pays", a-t-il dit.

(Edité par Marine Pennetier)

reuters.com

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