Le Premier ministre serbe donné élu président dès le premier tour
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Le premier ministre serbe donne elu president des le 1er tour
ANTONIO BRONIC
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Le premier ministre serbe donne elu president des le 1er tour
ANTONIO BRONIC
par Ivana Sekularac et Aleksandar Vasovic
BELGRADE (Reuters) - Le Premier ministre serbe, Aleksandar Vucic, a été élu dimanche président de la république dès le premier tour, avec 55% des voix, confirmant sa suprématie politique dans l'ancienne république yougoslave.
Son plus proche adversaire, l'ex-médiateur de la république pour les droits de l'homme Sasa Jankovic, est relégué à près de quarante points, avec un peu plus de 16% selon les projections des instituts Ipsos et CRTA.
Agé de 47 ans, le chef du gouvernement, candidat du Parti progressiste de Serbie (SNS), abordait ce scrutin en grand favori, profitant de la dispersion de l'opposition. Les projections diffusées dimanche soir confirment sa domination sans conteste sur la Serbie, qu'il veut faire entrer dans l'Union européenne tout en préservant des relations privilégiées avec la Russie.
"Pour moi, il est important que cette élection ait démontré qu'une large majorité de Serbes privilégient la poursuite de notre voie européenne tout en maintenant des liens étroits avec la Chine et la Russie", a-t-il dit devant ses partisans.
Il a également remercié la chancelière allemande Angela Merkel et le président russe Vladimir Poutine qu'il a tous deux rencontrés pendant la campagne.
L'ex-nationaliste qui s'est mué en partisan de l'intégration européenne s'apprête à assumer une fonction en théorie honorifique en Serbie. Mais les analystes estiment qu'il continuera à détenir la réalité du pouvoir en contrôlant le SNS.
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Aux yeux de ses partisans, le Premier ministre dispose du sang-froid et de la fermeté nécessaires face au manque de stabilité régionale dans les Balkans.
Ses adversaires l'accusent en revanche de penchants autoritaires comme en témoigne à leurs yeux sa mainmise sur les médias depuis que son parti est arrivé au pouvoir en 2012 et que lui-même a accédé à la tête du gouvernement il y a trois ans.
"S'il n'y pas de second tour, c'est que nous vivons dans une société politiquement immature", a commenté le sociologue Jovo Bakic sur la chaîne de télévision N1. "Où ailleurs dans le monde n'y a-t-il pas de second tour ? En Corée du Nord."
Aleksandar Vucic rejette ces accusations mais peine à faire oublier son passé dans les derniers jours de l'ex-Yougoslavie. Alors âgé d'un peu moins de 30 ans, il était un ministre redouté de l'Information dans le gouvernement de Slobodan Milosevic, chargé de faire respecter la législation draconienne destinée à museler toute voix critique contre l'exécutif durant la guerre au Kosovo en 1998-1999.
Considérée à l'Ouest comme un Etat paria pendant les conflit guerres qui ont suivi l'éclatement de la Yougoslavie dans les années 1990, la Serbie a ouvert des négociations d'adhésion avec l'Union européenne et espère les boucler d'ici 2019.
Dans une interview accordée à Reuters à une semaine du scrutin, Aleksandar Vucic a déclaré que la Serbie était déterminée à rejoindre l'UE mais a ajouté qu'il voulait aussi améliorer les relations avec la Russie, l'allié traditionnel de Belgrade.
Luka Maksimovic, jeune étudiant en communication qui menait une campagne satirique sous le pseudonyme de Ljubisa 'Beli' Preletacevic (Ljubisa le blanc qui retourne sa veste) pour dénoncer la corruption des élites, n'a pas réussi son pari d'arriver en tête des opposants et de contraindre Vucic à un second tour. Il arrive en troisième position, avec un peu plus de 9% des voix.
(avec Matt Robinson; Bertrand Boucey et Henri-Pierre André pour le service français)
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