Obama a déconseillé à Trump d'engager Michael Flynn
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Enquete sur moscou: deux ex-membres de l'equipe obama auditionnes
Kevin Lamarque
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Enquete sur moscou: deux ex-membres de l'equipe obama auditionnes
Kevin Lamarque
par Patricia Zengerle
WASHINGTON (Reuters) - L'ancien président américain Barack Obama a vainement déconseillé à Donald Trump, alors président élu, de confier le poste de conseiller à la sécurité nationale à l'ancien général Michael Flynn, poussé à la démission trois semaines à peine après son entrée en fonction.
Barack Obama a adressé cette mise en garde lors d'une réunion avec son successeur dans le bureau Ovale de la Maison blanche quelques jours après l'élection surprise du milliardaire à la présidence, le 8 novembre dernier.
Les deux hommes tenaient alors une discussion à propos du personnel de la Maison blanche.
L'information, que NBC News a été le premier média à dévoiler lundi, a été confirmée par la Maison blanche. Sean Spicer a reconnu qu'Obama avait indiqué à Trump lors de leur entrevue du 10 novembre qu'il n'était pas un grand partisan de Flynn. "Il est vrai que le président Obama a fait savoir qu'il n'était pas exactement un fan du général Flynn", a dit le porte-parole de la présidence devant la presse.
Trump n'en a pas tenu compte et a nommé l'ex-général, mais Flynn a dû quitter la Maison blanche trois semaines à peine après sa prise de fonction, poussé vers la sortie à la suite de révélations sur une conversation qu'il avait eue avec l'ambassadeur russe à Washington, avant l'investiture de l'homme d'affaires, sur une éventuelle levée des sanctions contre Moscou.
Flynn, nommé en 2012 au poste de directeur de la Defense Intelligence Agency (DIA), le service de renseignements du Pentagone, avait été contraint à la démission deux ans plus tard par l'administration Obama sur un désaccord quant aux moyens de lutter contre l'islamisme armé, notamment en Syrie. Il contestait le soutien apporté à l'opposition syrienne, estimant qu'il ne s'agissait pas d'une rébellion armée mais de djihadistes.
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Il apparaît comme une figure centrale dans les enquêtes sur les accusations d'ingérence de la Russie pendant la campagne électorale 2016 et sur une collusion éventuelle entre l'équipe de campagne de Donald Trump et Moscou.
ENQUÊTES
Deux responsables de l'administration de l'ex-président Obama ont été auditionnés ce lundi dans le cadre de l'enquête du Sénat sur ce dossier, devant la sous-commission judiciaire de la chambre haute chargée des affaires de crime et de terrorisme: James Clapper, ancien directeur du Renseignement national, et Sally Yates, ancienne Attorney General adjointe (numéro deux du département de la Justice).
Plusieurs commissions du Congrès ont ouvert des enquêtes depuis que des agences du renseignement américain ont conclu que le président russe, Vladimir Poutine, avait ordonné des piratages informatiques visant le Parti démocrate, afin de jeter le discrédit sur les élections et d'inciter les électeurs à pencher pour Donald Trump.
Moscou a démenti toute ingérence dans la campagne et Trump a lui aussi rejeté les accusations, laissant au contraire penser que Obama pourrait avoir mis sur écoutes sa Trump Tower à New York ou que la Chine pourrait être à l'origine de certaines cyberattaques. Aucun élément n'est venu étayer de tels soupçons.
Sur Twitter lundi, le président américain a laissé entendre que Sally Yates avait fait fuiter des informations sur Flynn dans les médias. "Demandez à Sally Yates, sous serment, si elle sait comment des informations classifiées se sont retrouvées dans des journaux", a-t-il écrit.
L'audience publique de ce lundi était la première au cours de laquelle étaient entendus d'ex-responsables de l'administration Obama.
Devant les sénateurs, Sally Yates a indiqué avoir eu deux réunions, plus une conversation téléphonique, avec des responsables de l'administration Trump alors que Flynn était encore conseiller à la sécurité nationale.
Ephémère Attorney General par intérim, destituée par Donald Trump, elle a expliqué qu'elle redoutait que Flynn, n'ayant pas dit toute la vérité sur ses conversations avec l'ambassadeur russe Sergueï Kisliak, "puisse faire l'objet d'un chantage de la part des Russes".
"La logique commanderait qu'on ne souhaite pas qu'un conseiller à la sécurité nationale soit dans une position où les Russes auraient un moyen de pression sur lui", a-t-elle ajouté.
Elle a précisé avoir indiqué dès le 26 janvier à Don McGahn, conseiller juridique de la Maison blanche, que Flynn n'avait pas tout dit de ses discussions avec l'ambassadeur Kisliak. L'ex-général n'a été contraint à la démission que le 13 février.
Début janvier, alors qu'il était encore à son poste, James Clapper avait déclaré que la Russie avait tenté d'influencer le résultat d'élections dans une "vingtaine" de pays. Clapper a quitté ses fonctions le 20 janvier, au moment de l'investiture du nouveau président.
Il a dit lundi n'avoir toujours aucune preuve de collusion entre des associés de Trump et les Russes visant à une ingérence dans l'élection présidentielle de 2016.
Mais il a observé qu'un article du Guardian selon lequel des agents du renseignement britannique ont eu vent fin 2015 de contacts suspects entre des conseillers de Trump et des agents russes et qu'ils ont transmis cette information à leurs homologues américains était "exact". "C'est aussi assez sensible, les détails sont assez sensibles", a-t-il ajouté.
(avec Jonathan Landay; Eric Faye, Jean-Stéphane Brosse et Henri-Pierre André pour le service français)
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