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Paris est bien placé pour profiter du Brexit, juge la BdF

reuters.com

Publié le 29 mai 2017 à 11:02 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 02:23

"paris a toutes ses chances" pour attirer des banques localisees a londres

"paris a toutes ses chances" pour attirer des banques localisees a londres

Axel Schmidt

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

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par Julien Ponthus et Leigh Thomas

PARIS (Reuters) - Paris est bien placé pour attirer des banques localisées à Londres et qui devront rapatrier dans l'Union européenne (UE) une partie de leurs activités après la sortie du Royaume-Uni de l'UE, a estimé lundi le gouverneur de la Banque de France.

"Paris a toutes ses chances", a déclaré François Villeroy de Galhau, lors d'une conférence de presse organisée pour la présentation du rapport annuel d'activité de l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), le gendarme des banques et des assurances.

"Nous avons des contacts discrets mais nombreux et sérieux", avec des banques installées à la City, a dit l'ancien dirigeant de BNP Paribas.

La sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne (UE) devrait entraîner la perte du "passeport européen", qui assure aux grandes banques internationales basées sur son sol l'accès aux marchés financiers de l'UE.

Selon les informations recueillies par Reuters, 9.000 emplois dans les grandes banques d'investissement devraient quitter la City dans les deux prochaines années et les autorités françaises ont lancé de nombreuses initiatives pour attirer à Paris les emplois qui quitteront Londres.

Pour l'heure, la banque HSBC est la seule grande institution à avoir annoncé son intention de déplacer en importance du personnel de Londres à Paris.

Outre les emplois dans les banques, les chambres de compensation qui opèrent sur des transactions en euros pourraient devoir s'implanter sur le sol de l'UE, une option en tout cas défendu par le gouverneur de la Banque de France.

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"Les opérations de compensation en euros, pour toutes celles qui sont d'importance systémique, doivent être localisées là où la supervision de l'Eurosystème pourra s'exercer de manière effective", a déclaré François Villeroy de Galhau.

"Après le Brexit, on ne voit pas comment ceci pourrait être à Londres", a-t-il ajouté, plaidant aussi pour que l'Agence bancaire européenne (ABE) quitte Londres.

Il a par ailleurs fait valoir que la France s'opposerait à de nouvelles règles prudentielles internationales, appelées "Bâle 4" par leurs détracteurs, qui ne prendraient pas assez en compte les méthodes de calculs des risques utilisées par les banques françaises.

CONTRE UNE "MARCHE ARRIÈRE" DANS LE CONTRÔLE DES BANQUES

Ces dernières utilisent traditionnellement des modèles dits "internes" et estiment qu'une généralisation de la méthode dite "standard", largement utilisée aux Etats-Unis, leur serait défavorable, notamment pour les crédits immobiliers, et accroîtrait leurs exigences de fonds propres, nuisant à leur rentabilité.

"Concernant les négociations du Comité de Bâle, nous disons clairement oui à la finalisation de Bâle 3, reposant toujours sur des modèles internes améliorés et mieux supervisés", a dit François Villeroy de Galhau.

"Mais nous refuserions à l'inverse, avec d'autres pays notamment dans l'Union européenne, un 'Bâle 4' imposé trop à partir de la méthode standard et qui mesurerait donc moins bien les risques réels", a-t-il poursuivi, ajoutant qu'il valait mieux "se donner le temps d'un bon accord que de se précipiter vers de mauvais arrangements".

François Villeroy de Galhau, qui siège aussi au conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE), a aussi prévenu que la France était opposée à une éventuelle "marche arrière" sur la réglementation des banques mise en oeuvre après la crise financière.

"Nous avons très fortement marqué le souhait qu'il n'y ait pas de marche arrière", a dit François Villeroy de Galhau alors que des analystes craignent que le président des Etats-Unis Donald Trump n'allège les règles décidées après l'éclatement de la crise des crédits immobiliers américains "subprimes" en 2007 et 2008.

(Edité par Matthieu Protard)

reuters.com

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