Face à l'isolement, le Qatar ne renoncera pas à sa souveraineté
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Face a l'isolement, le qatar ne renoncera pas a sa souverainete
NASEEM ZEITOON
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Face a l'isolement, le qatar ne renoncera pas a sa souverainete
NASEEM ZEITOON
par Tom Finn
DOHA (Reuters) - Le Qatar a fait face jeudi à l'isolement que lui ont imposé ses voisins, sous l'accusation de complaisance envers les islamistes et l'Iran, en promettant de ne pas renoncer à sa souveraineté.
L'Arabie saoudite et ses alliés du Golfe, ainsi que l'Egypte et le Yémen, ont rompu lundi leurs relations diplomatiques avec l'émirat, puis fermé toutes leurs frontières aériennes, maritimes et terrestres.
Le ministre qatari des Affaires étrangères, Cheikh Mohammed bin Abdoulrahman al Thani, a insisté jeudi sur une résolution pacifique de la crise mais il s'est montré ferme.
"On nous isole parce que nous avons du succès et que nous sommes des progressistes", a-t-il dit à la presse à Doha. "Nous ne sommes pas prêts à nous soumettre, nous ne serons jamais prêts à abandonner la souveraineté de notre politique étrangère".
Si les Etats arabes du Golfe ont accentué la pression sur le Qatar, les Etats-Unis ont adopté un ton plus modéré.
Dans sa seconde intervention sur le sujet, Donald Trump a appelé à lutter contre le terrorisme ,lors d'une conversation téléphonique avec l'émir du Qatar, le cheikh Tamim bin Hamad al Thani, indique la Maison blanche.
Le président américain avait d'abord pris le parti du camp saoudien. Mais, des responsables américains de la Défense ont tenu quelques propos élogieux sur Doha, conscients que le Qatar abrite une importante base militaire américaine.
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Puis, dans un autre appel avec le prince héritier d'Abou Dhabi, le cheikh Mohammed ben Zayed al Nahayan, Donald Trump a appelé à l'unité entre les Etats arabes du Golfe "mais jamais au détriment de l'éradication du financement de l'extrémisme radical ou de la défaite du terrorisme".
Le Qatar appelle de son côté au "dialogue et à la diplomatie". L'ambassadeur du Qatar à Washington, Mechal Hamad al Thani, a déclaré sur Twitter qu'un des piliers de la politique étrangère de Doha était la "médiation".
SANS AIDE EXTÉRIEURE
Mais le ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel al Djoubeïr, a déclaré que les Etats du Golfe étaient à même de résoudre le différend entre eux, sans aide extérieure.
"Nous n'avons pas demandé de médiation; nous estimons que cette question peut être traitée entre les Etats du Conseil de coopération du Golfe (CCG)", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse avec son homologue allemand à Berlin.
Le CCG comprend six États : l'Arabie saoudite, Oman, le Koweït, Bahreïn, les Émirats arabes unis et le Qatar.
Dans une interview à la BBC, l'ambassadeur des Emirats arabes unis en Russie, Saïf Ghobach, a jugé que le Qatar devait choisir entre soutenir l'extrémisme ou ses voisins.
"Nous avons toutes sortes d'enregistrements (...) où ils (le Qatar) sont en train de se coordonner avec Al Qaïda en Syrie", a-t-il déclaré.
"Le Qatar doit décider : être dans les mains de la Turquie, de l'Iran et des islamistes extrémistes ? Ils doivent prendre une décision; ils ne peuvent être des deux côtés."
Le quotidien saoudien al Watan a oublié ce qu'il présente comme une liste de huit "organisations extrémistes" considérées comme travaillant à déstabiliser la région à partir du Qatar.
Parmi elles figurent la chaîne de télévision qatarie al Djazira, qui a été jeudi la cible d'une vaste cyberattaque. [nL8N1J542W]
Le Qatar soutient des mouvements islamistes mais dément soutenir le terrorisme. Il accueille notamment des membres des taliban afghan, du Hamas palestinien et du Front de salut islamique (Fis) algérien.
"UNE SORTE D'EMBARGO"
Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a appelé mercredi soir le dirigeant du Koweït, le cheikh Sabah Al Ahmad Al Djaber Al Sabah, sur la manière de renforcer la coopération entre pays musulmans, rapporte l'agence de presse du Koweït, Kuna.
Le ministre des Affaires étrangères des Emirats arabes unis, Anouar Gargach, a prévenu que de nouvelles restrictions économiques seraient imposées au Qatar si nécessaire.
Il a ensuite déclaré à la chaîne de télévision France 24 que parmi les mesures supplémentaires susceptibles d'être prises à l'encontre du Qatar figurait "une sorte d'embargo".
L'Autorité de l'aviation civile des Emirats arabes unis a déclaré avoir fermé l'espace aérien à tout trafic vers Doha et en provenance de la capitale qatarie jusqu'à nouvel ordre.
(Avec Rim Chamseddine, Aziz El Yaakoubi, Sylvia Westall, Sami Aboudi et Andrew Torchia à Dubai, Danielle Rouquié et Gilles Trequesser pour le service français)
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