Des instructions pour "plus d'humanité à Calais"
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Des instructions pour "plus d'humanite a calais"
Philippe Wojazer
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Des instructions pour "plus d'humanite a calais"
Philippe Wojazer
PARIS (Reuters) - Le gouvernement a donné des instructions pour garantir un traitement plus humain envers les migrants, a déclaré jeudi son porte-parole Christophe Castaner, en réponse aux accusations d'associations et du Défenseur des Droits, qui a dénoncé une "traque" des autorités à Calais.
"Les préfets ont donné des instructions pour plus de souplesse, surtout plus d'humanité", a-t-il dit lors du compte rendu du Conseil des ministres. "On ne peut pas traiter ces femmes et ses hommes de façon comptable."
Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a annoncé jeudi matin sur Europe 1 qu'il se rendrait à Calais vendredi pour rencontrer les élus locaux et les acteurs associatifs mais a répété qu'il refusait la création de "points de fixation".
Christophe Castaner a rappelé que la réforme du droit d'asile était "une priorité" du nouveau chef de l'Etat, avec pour but de donner une réponse "dans les six mois" aux demandeurs d'asile.
Emmanuel Macron a reçu mercredi le Défenseur des Droits, Jacques Toubon.
Ce dernier a déploré jeudi l'aggravation des conditions de vie des migrants à Calais depuis la fermeture du camp dit de la "jungle" et l'impute notamment au nouveau gouvernement.
"Depuis le démantèlement, les besoins vitaux les plus élémentaires des exilés ne sont plus assurés. Plus aucun point d'eau, les migrants ne peuvent pas se laver, ni même boire," déplore Jacques Toubon dans une décision publiée jeudi.
Entre 400 et 600 personnes se trouvent actuellement à Calais, ils étaient plus de 6.000 avant le démantèlement du campement en octobre dernier.
"Il ne faut pas laisser se recréer des endroits qui sont des zones où le côté sanitaire est catastrophique", a dit Christophe Castaner.
TOUBON PARLE DE DÉTÉRIORATION
Selon Jacques Toubon, la situation s'est dégradée ces derniers mois avec des "atteintes aux droits fondamentaux des exilés (...) sans précédent".
Cette détérioration est notamment due à l'action de l'Etat, avec un durcissement de la position adoptée face aux migrants.
"La volonté affichée par le gouvernement de ne plus voir de migrants à Calais et la crainte d'une reconstitution de 'points de fixation' dans cette commune semblent conduire à ce que tout soit mis en oeuvre pour empêcher les exilés de s'installer : plus aucune tente ni aucun abri n'est toléré, les personnes - dont des mineurs - dorment à même le sol", écrit le Défenseur des Droits, dénonçant une "traque".
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"Dans la situation actuelle, les pouvoirs publics ne se contentent en effet plus de ne pas mettre en oeuvre des dispositifs suffisamment protecteurs et respectueux de la dignité humaine, ils interdisent désormais à la société civile de pallier leurs propres défaillances", ajoute-t-il.
Le Défenseur des Droits, rappelant demande aux autorités de garantir "un accès pérenne à l'eau" et de rendre possible la distribution de repas aux exilés.
Il souhaite "qu'un lieu où les exilés puissent se reposer, se laver et envisager la suite de leur parcours migratoire soit installé" ainsi qu'un "accueil de jour spécialisé et la mise à l'abri des mineurs et des femmes".
Jeudi dernier, onze associations venant en aide aux migrants ont déposé un recours juridique pour obliger les autorités à "respecter les libertés et les droits fondamentaux des exilés présents sur Calais".
Ils appellent la justice à "reconnaître les atteintes graves et répétées aux droits et libertés" et à "enjoindre aux autorités de mettre en place un dispositif garantissant le respect des droits fondamentaux de base, tels que l'accès à l'eau, à des toilettes, à une distribution alimentaire... ".
(Cyril Camu, édité par)
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